L’été est synonyme de barbecues. Cependant, plutôt que de se précipiter sur des brochettes bon marché, les consommateurs se montrent désormais plus réfléchis. La tendance actuelle ? Opter pour de la viande de qualité, mais en moindre quantité.
Une prise de conscience générale
Marcelo Joulia, propriétaire du restaurant argentin Unico à Paris, évoque ce changement en plaisantant sur l’absence de restaurants végétariens dans sa culture. Pour lui, la viande grillée au charbon de bois incarne un plaisir simple. « Autour des braises, on discute et on se raconte des histoires », explique-t-il.
Cependant, une étude du CREDOC montre que la consommation de viande a diminué de 15% entre 2003 et 2010. La France, traditionnellement un pays de carnivores, commence à changer ses habitudes. Des bouchers renommés comme Hugo Desnoyer, qui privilégie la traçabilité et la qualité, rencontrent un franc succès. Son initiative de boucherie en ligne permet aux consommateurs de choisir des morceaux de viande soigneusement sélectionnés.
Un mouvement générationnel vers la qualité
Des crises alimentaires telles que la vache folle ou les lasagnes à la viande de cheval ont renforcé la méfiance des consommateurs. Selon François-Régis Gaudry, critique gastronomique, cette méfiance s'est transformée en vigilance. Les clients s’interrogent aujourd’hui sur les prix bas pratiqués en supermarché : « Quand on paye 5 euros pour un grand paquet de viande, que reste-t-il au producteur ? »
Cette nouvelle approche se traduit par une consommation plus réfléchie : « Je préfère manger une à deux fois par semaine de la bonne viande plutôt que quatre à cinq fois de la viande de moindre qualité », déclare Gaudry. Les plats à base de légumes et d'œufs gagnent également en popularité comme alternatives.
Le prix de l'éthique et du choix
Des chefs renommés comme Alain Passard, qui a réduit la viande au profit des légumes dans son restaurant étoilé, montrent que la tendance vers une consommation plus consciente est en marche. Alain Ducasse a également choisi de supprimer la viande de certains de ses établissements, prônant une consommation plus éthique et respectueuse des ressources de la planète.
Cependant, la question du prix reste centrale : manger moins de viande, mais de meilleure qualité, peut s'avérer coûteux. Gaudry souligne que tout le monde n'a pas les moyens d'investir dans de la viande haut de gamme, mais que la tendance générale vers une consommation plus responsable est en pleine évolution. Les consommateurs français commencent à privilégier la qualité à la quantité dans leur quête de bien-être alimentaire.







