Une nouvelle enquête menée par des chercheurs de l'Université de Leeds (UK) et publiée dans BMC Medicine soulève une préoccupation majeure pour les végétariens : le risque de fracture de la hanche serait 50 % plus élevé par rapport aux individus consommant de la viande.
Le régime végétarien exclut la viande, le poisson et les fruits de mer, et peut inclure ou non les œufs, selon les préférences. Les adeptes de ce mode d’alimentation choisissent souvent cette voie pour des raisons de santé ou de respect de l’environnement.
Un régime à risques ?
Bien que les autorités de santé recommandent de réduire la consommation de viande pour prévenir certaines maladies chroniques, elles mettent en garde contre les enjeux liés à l’absence totale de proteines animales. Adopter une alimentation végétarienne ne signifie pas nécessairement une carence, à condition que l’individu pratique une alimentation équilibrée et fasse de bonnes combinaisons d'aliments.
Dans le cadre de l’étude, 413 914 participants ont fourni des informations sur leurs habitudes alimentaires et le taux de fractures de la hanche a été évalué. Parmi ceux-ci, on a recensé 3 503 cas de fractures de la hanche, un chiffre représentant moins de 1 % des participants. Toutefois, il est à noter que le risque chez les végétariens était nettement plus élevé que celui des consommateurs réguliers de viande, peu importe leur sexe.
Une explication fondée sur l'IMC
Les chercheurs attribuent cet écart au fait que les végétariens ont généralement un indice de masse corporelle (IMC) plus faible. Selon l’étude, « un IMC faible pourrait être un facteur clé expliquant l’augmentation du risque de fractures ». De plus, il est mentionné que plusieurs végétariens manquent parfois d'éducation nutritionnelle, ce qui peut les empêcher de contrebalancer l’absence de protéines animales avec des sources alternatives adéquates. Environ 17 % des végétariens ne respectent pas les recommandations protéiques, une insuffisance qui pourrait nuire à leur santé osseuse.
Les avantages du régime végétarien restent indéniables
Malgré ces mises en garde, les experts ne déconseillent pas le régime végétarien. « Les fractures de la hanche posent un risque croissant dans notre société vieillissante, menant à des complications de santé sévères et à une dégradation de la qualité de vie », avertit James Webster, l’un des chercheurs. Toutefois, il précise que le risque accru ne se traduit que par 3 fractures supplémentaires pour 1 000 personnes sur 10 ans, rejoignant l'idée que les bénéfices pour la santé associés à une alimentation végétarienne, comme une réduction des risques de cancer et de maladies cardiovasculaires, compensent largement les risques identifiés.







