Le président argentin fait face à une vague inédite de mécontentement : ses recettes économiques montrent leurs limites, et les scandales de corruption érodent la confiance des Argentins dans la volonté de Javier Milei à transformer le pays.
Par Matthieu Le Gall
Depuis son accession au pouvoir il y a trois ans, Javier Milei n’a jamais été aussi mal perçu par l'opinion publique. En dépit d'une majorité renforcée lors des élections législatives de 2025, le président traverse une période délicate, avec des sondages en chute libre. Bien que son traitement économique ultralibéral ait permis de contenir l'inflation, les premiers mois de 2026 révèlent une détérioration alarmante de plusieurs indicateurs économiques : le taux de chômage grimpe et les perspectives de croissance s'assombrissent. L'angoisse grandit au sein des foyers argentins, alors que le pays, le plus vaste d'Amérique du Sud après le Brésil, fait face à de multiples défis.
Les supporters de ce "fou de la pampa", bien présents aussi bien aux États-Unis qu'en Europe, continuent de mettre en avant la bonne santé des secteurs agricole et minier, attirant les exportations, tout en fermant les yeux sur un secteur industriel en crise, éreinté par la concurrence étrangère. De plus, un récent scandale impliquant le chef de cabinet, dont le train de vie extravagant contraste avec son salaire déclaré, a encore terni l'image de Milei.
Les Argentins, en écartant les kirchnéristes en 2023, espéraient mettre fin à la corruption des élites. Cependant, la gestion brutale de Milei et son mépris apparent pour les institutions montrent qu’un « miracle » économique ne se produira pas sans une confiance rétablie envers l’État de droit, comme l'a souligné un expert en politiques publiques, Marie Dupont, dans une interview pour Le Monde.







