L'ÉDITO. Emmanuel Macron appelle à une dynamique nouvelle pour nos industriels de la défense, mais l'absence de crédits freine la transformation.
Le récent budget de l'État a suscité de vifs débats, comme l'a souligné Sébastien Lecornu en le qualifiant d'"incohérent" et "invotable". Les tensions au sein de l'Assemblée, exacerbées par les motions de censure des partis d'opposition, compliquent davantage la situation.
Lors d'une allocution à Matignon, le Premier ministre a détaillé les concessions faites pour apaiser les socialistes et les Républicains, indiquant une volonté de trouver des compromis malgré une majorité fragile. Pourtant, l'exécution du budget reste un sujet délicat. Macron doit jongler entre les exigences du parlement et celles des armées, surtout alors que le contexte international devient de plus en plus instable.
Une décision au cœur de l'instabilité mondiale
Le président de la République, en visite sur la base aérienne d'Istres, a mis l'accent sur la nécessité d'accélérer le réarmement de la France. D'après des sources du ministère des Armées, Emmanuel Macron a déclaré que "la France doit se positionner comme une nation cadre crédible" à l'échelle européenne, notamment par son soutien à l'Ukraine, où elle joue un rôle essentiel dans le renseignement.
En s'adressant aux leaders de l'industrie de défense, Macron a lancé un cri d'alerte : "Nous avons besoin de produire plus vite, de produire en volume et de manière innovante. Si nous continuons ce rythme, nous risquons d'être évincés du marché". Cette affirmation a provoqué un changement de ton : les industriels sont accusés de lenteurs inacceptables, tandis que le besoin d'un renouveau productif est pressant.
Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, avait déjà évoqué cette question, rappelant que la rareté des ressources financières posait un obstacle majeur à l'atteinte des objectifs de déploiement de forces. "Seul les États-Unis peuvent déployer seuls un corps d'armée", a-t-il remarqué. Cette déclaration souligne l'urgente nécessité pour la France de renforcer son autonomie défensive.
Les industriels rétorquent cependant que leurs délais de production sont équivalents à la complexité des commandes. Un cycle vicieux semble donc s'installer, l'importance des crédits étant constante pour permettre un renouvellement des capacités. Il est donc impératif, tant pour le gouvernement que pour l'industrie, de se poser la question cruciale des moyens adéquats pour soutenir ce changement de rythme.







