À près de 17 000 km de la Bretagne, Raphaëlle David, seule médecin à la base polaire Dumont d’Urville, raconte son quotidien extraordinaire. D’origine finistérienne, elle célèbre le Nouvel An dans un cadre unique, baigné dans la lumière permanente de l’été austral.
Pour cette occasion spéciale, elle a organisé une fête mémorable : « Nous avons pu faire la fête jusqu’au bout de la nuit avec le soleil de minuit qui était avec nous », confie-t-elle. Alors que les températures varient entre -5 et 5°C, la gestion du temps et des cycles de sommeil devient essentielle pour maintenir le bien-être au sein de l’équipe de 23 personnes qui sera isolée jusqu’en novembre prochain.
La présence constante du soleil apporte une mélancolie et une beauté particulières, mais elle impose également des défis physiologiques auxquels l’équipage doit s'adapter. Dans une interview, le climatologue Thierry Pellerin souligne : « La lumière continue peut causer des problèmes de sommeil importants si l’on ne prend pas soin de gérer son rythme. »
Avec le départ du dernier bateau en février, les membres de l’expédition seront totalement autonomes, et la sécurité médicale sera cruciale. Raphaëlle, qui a formé d'autres membres de l'équipe à des premiers secours, déclare : « Il est essentiel de préparer chaque membre à réagir en cas d’accident. » L'isolement extrême renforce l'importance de l'entraide et de la solidarité dans ce contexte unique.
Pour surmonter les rigueurs de l’hiver, Raphaëlle a emporté avec elle des souvenirs de Bretagne, notamment une veste « floquée à Audierne », symbolisant le lien indéfectible qu’elle entretient avec sa terre natale. En ces temps de solitude relative, ces petits souvenirs réchauffent le cœur et rappellent que la Bretagne est toujours présente.
Ce témoignage poignant fait écho aux histoires d’autres scientifiques ayant fait le choix de travailler dans ce milieu isolé. Nombre d'entre eux voient l'Antarctique comme un endroit où le temps semble suspendu, un lieu où l’on peut à la fois explorer les mystères de la planète et se redécouvrir soi-même.







