Un épais nuage de fumée enveloppe le massif de Fontainebleau alors que les pompiers s'acharnent à contrôler les incendies qui ont déjà dévasté plus de 1.900 hectares de cet écosystème précieux d'Île-de-France.
Dans le ciel, on aperçoit les Canadair et les hélicoptères bombardiers qui reprennent leur ballet, après une interruption nocturne, déversant l'eau sur les zones encore en flamme.
Environ 850 pompiers sont mobilisés. Le commandant Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours de Seine-et-Marne, a confié à l'AFP : "Nous espérons contenir le feu aujourd'hui, surtout avec l'assistance des Canadair, une perspective que nous envisageons avec optimisme."
Le bilan de 1.900 hectares consumés par les flammes risque d'augmenter, prévient M. Laurain. Le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory, doit faire le point lors d'une conférence de presse à midi.
À certains endroits, là où les flammes ont été freinées, le paysage est désolant : arbres calcinés, terrain jonché de suie, et végétation décimée. Par ailleurs, des braises persistent, favorisées par le vent, qui complique la tâche des équipes sur le terrain.
Pour la journée, les prévisions annoncent des températures similaires au lendemain, malgré une légère atténuation du vent. Les conditions météo, marquées par la chaleur, le vent et un air sec, restent jusqu'à présent peu favorables aux opérations d'extinction.
Les bulldozers sont déployés pour élargir les accès dans des zones difficilement atteignables. Les pompiers font face à deux feux majeurs dans la forêt : le premier a éclaté dimanche près de l'A6, entraînant des fermetures d'autoroute, le second s'est déclaré lundi après-midi près de la Faisanderie, à proximité de Fontainebleau.
Au total, près de mille personnes ont été évacuées, rapportent les autorités.
Lundi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé l'interpellation de deux suspects, évoquant l'hypothèse d'incendie volontaire. Un des suspects, un jeune de 18 ans non répertorié dans les fichiers de la police, aurait été arrêté avec un briquet et des mains couvertes de suie, selon une source.
Globalement, 59 personnes ont été appréhendées dans tout le pays pour des incendies présumés, dont sept sont actuellement en détention.
Le massif forestier de Fontainebleau, constituant une biodiversité exceptionnelle et couvrant environ 25.000 hectares, attire chaque année plus de 15 millions de visiteurs. Cette zone sensible est d'autant plus vulnérable en période de canicule, avec son sol sableux et ses fougères et résineux hautement inflammables.
Les incendies d'été n'épargnent désormais aucune région. En Lozère, un feu s'est déclaré à Saint-Bonnet-Laval, mais a été maîtrisé après avoir ravagé 120 hectares. En Bretagne, un autre incendie a brûlé 38 hectares sur le site emblématique du cap Fréhel mais a également été neutralisé.
Les incendies, alimentés par la vague de chaleur, perturbent aussi les réseaux ferroviaires, occasionnant des retards majeurs pour les vacanciers. Lundi, pas moins de dix incendies ont été signalés à proximité de lignes ferroviaires, selon un porte-parole de SNCF Réseau.







