Une polémique grandissante entoure la plateforme Vinted, où plusieurs internautes ont soulevé des inquiétudes concernant des comptes potentiellement utilisés pour le trafic d'enfants. Face à cette situation, une enquête a été ouverte pour explorer la véracité de ces allégations.
Le parquet de Nanterre a confirmé le 26 juin à l'AFP qu'une enquête préliminaire était en cours pour "vérifier" les signalements relatifs aux soupçons de trafic d'enfants sur cette plateforme de revente d'objets d'occasion.
Ces inquiétudes sont nées après que des utilisateurs ont repéré des annonces suspectes, où des jouets ou objets apparemment sans valeur étaient mis en vente pour des prix exorbitants, incluant des âges et tailles qui pourraient correspondre à des jeunes enfants.
Un enfant à 12 000 euros ?
La situation a pris une ampleur notable sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Un créateur de contenu a partagé une vidéo largement diffusée, où il dénonce la mise en vente d'une figurine à 30 000 euros, soulignant que "le prix soulève des questions", tout comme les détails liés à la taille et à l'âge."Ceci semble indiquer un système de codage pour une activité de trafic d'enfants", a-t-il déclaré.
La Haute commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a récemment averti avoir découvert des comptes suspects liés à ce phénomène sur Vinted. Sur X, elle a décrit comme "glaçant" le contenu de certains articles prétendant vendre des enfants. Un article du média 20minutes a affirmé avoir échangé avec une personne proposant la vente d'une petite fille, qui s’est avéré être un lycéen de 17 ans ayant voulu piéger des individus malveillants. Ce dernier a compatiment corrigé son annonce par la suite.
Pour l'heure, le parquet n’a pas précisé si certains de ces signalements s’étaient avérés fondés.
Rien à signaler, d’après Vinted
Interrogés, plusieurs vendeurs accusés d’activités suspectes ont affirmé vendre des jouets. Vinted, sollicité par l'AFP, a déclaré avoir pris connaissance des annonces et affirmé, après investigation, qu’aucun lien n’avait pu être établi avec des activités de trafic d’enfants. L’entreprise a indiqué que l’âge mentionné dans ces annonces correspondait à la tranche d’âge des jouets, et que les prix étaient souvent justifiés par une valeur de collection, des provocations, ou des tactiques de négociation.
Vinted a par ailleurs souligné ne tolérer "aucun contenu inapproprié" et intervenir systématiquement en cas de signalement d’une "annonce suspecte", afin de collaborer avec les forces de l'ordre si nécessaire.







