Politique. La chaleur accablante met sous pression les écologistes, alors que les opposants à Marine Tondelier s'organisent pour nuire à sa candidature.
"L'homme ne croit pas à l’apocalypse qu’il fabrique. Et pourtant, nous avançons déjà vers le désastre." Ces mots de René Dumont, premier candidat écologiste à la présidentielle, résonnent encore chez ses héritiers. Noël Mamère, figure emblématique des Verts, évoquait déjà en 2003 une canicule qui avait fait fondre Paris à 39°C, entraînant près de 15 000 décès en France. Il déclarait alors qu'il n'avait rien entendu sur les véritables causes de cette chaleur extrême, soulignant les responsabilités humaines derrière les événements climatiques.
Plus de deux décennies plus tard, la France subit de nouveau les effets du changement climatique avec une nouvelle canicule. Marine Tondelier, actuelle secrétaire nationale des Écologistes, semble accuser le poids de cette responsabilité. "Cela fait 25 minutes que nous parlons d'écologie, je vous remercie, mais c'est sûrement mon quota annuel", a-t-elle ironisé sur LCI, traduisant une certaine frustration face à l'immobilisme.
Pendant ce temps, l'extrême droite prend l'initiative en proposant des solutions telles qu'un "plan massif de climatisation". Alors que les membres du Rassemblement national, jadis sceptiques quant aux rapports du GIEC, modifient leur discours, Tondelier se voit forcée de réévaluer sa propre position. Elle ne rejette pas l'idée de climatisation, l'ajustant à des contextes spécifiques comme les établissements de santé.
Le politologue Florent Gougou souligne une évolution notable : "Une partie de la droite radicale a accepté de venir sur le terrain de l’adaptation face au changement climatique." Les Verts, qui étaient considérés comme les seuls propriétaires du discours écologique, doivent dorénavant partager cette responsabilité.
Pour tenter de regagner du terrain, Tondelier et son équipe ont proposé des mesures, notamment un “congé climatique” inspiré du modèle espagnol, financé par un retour de l'impôt sur la fortune. Cette initiative a reçu des critiques, jugée comme une mesure de décroissance. Pourtant, une étude Elabe révèle que 60% des Français soutiennent cette proposition.
À mesure que les températures grimpent, le parti écologiste semble naviguer en eaux troubles. Les résultats d'une enquête menée par Ipsos montrent une chute significative du soutien populaire pour les Écologistes ces dernières années. En 2020, 44 % des Français affirmaient se sentir proches des préoccupations écologiques du parti, un chiffre tombé à 35 % aujourd'hui. Ce déclin est attribué à un manque de mobilisation politique et sociale, comme l'évoque Cyrielle Châtelain, présidente des députés écologistes.
Alors que des tensions internes engendrent des rumeurs de conflits au sein du parti, Tondelier doit faire face à un conseil fédéral extraordinaire qui s’apprête à discuter de la stratégie présidentielle en vue de 2027. Loin de profiter de la centralité retrouvée dans le débat sur le climat, le parti se trouve pris dans des querelles internes, incapables de sortir de ces pratiques qui semblent l’entraver.
À l'heure où la maison brûle, les Écologistes sont confrontés à un dilemme crucial : réinventer leur approche pour faire face aux défis climatiques tout en unissant leurs forces en vue des élections à venir.







