Cet été, environ 530 000 candidats se présentent au baccalauréat, mais la tentation de la fraude grandit. En effet, les cas de tricherie augmentent de manière inquiétante.
Depuis le début des épreuves le 15 juin, la pression est forte pour les 533 000 élèves en terminale générale et technologique. Face à l’incertitude, certains se laissent tenter par la tricherie pour influencer leur note finale. La tentation a même touché les devoirs de contrôle continu, comptant pour une partie significative de la note. Enzo, un lycéen d'un établissement breton, a confié à Ouest-France qu'il a vu de nombreux camarades sortir leur téléphone pour chercher des réponses grâce à des outils comme ChatGPT. Il considère cette pratique comme relativement courante.
Des sanctions sévères
Les conséquences de ces fraudes sont significatives : blâme, annulation d'épreuves, voire exclusion totale des examens. Selon Capital, 16 élèves ont été exclus des examens pendant cinq ans en 2024. Enzo affirme que les risques l’emportent sur les bénéfices. "Tricher au bac, c'est prendre des risques inutiles", confie-t-il.
L'augmentation des cas de triche
Malgré ces avertissements, la tricherie semble croissante. Le ministère de l'Éducation nationale souligne une augmentation de 30 % des suspicions de fraude entre 2024 et 2025 (de 935 à 1 208 cas), dont près de la moitié provient de l'utilisation d'outils technologiques avancés. Parmi les 833 élèves mis en cause, 634 ont reçu des sanctions.
Cependant, comme l’indique le ministre Édouard Geffray, ces chiffres doivent être contextualisés : "Par rapport à un total de 1,2 million de candidats, dont ceux des bacs professionnels et de première, la hausse est relative". Il explique que cette tendance est liée à la prolifération d'outils tels que les téléphones et montres connectées, qui intensifient les possibilités de fraude. "Les élèves d'aujourd'hui ne trichent pas davantage que les précédentes générations, mais les nouvelles technologies augmentent la tentation", affirme-t-il.
Élisabeth Allain-Moreno, du syndicat d'enseignants SE-UNSA, abonde dans ce sens : "La triche n'est pas un phénomène récent, elle existe dans tous les domaines et pas seulement à l'école." Elle souligne qu'une conception erronée de l'importance des études pourrait être à l'origine de ces comportements : "Si un élève ne comprend pas la nécessité de travailler pour l'examen, c'est qu'il y a eu des lacunes dans son parcours scolaire."







