TRIBUNE. À moins d'un an de l'élection présidentielle, l'économiste Claude Sicard analyse une proposition inattendue proposée par Jordan Bardella : adopter la cogestion des entreprises à l'allemande afin de désamorcer la menace insurrectionnelle de la gauche radicale.
Les derniers sondages placent Jordan Bardella en bonne position parmi les candidats préférés des Français pour la prochaine présidentielle. Bien que les élections soient encore éloignées, ces résultats ne sont que des indications préliminaires, laissant tout le champ des possibles ouvert.
Il est pourtant indéniable que si le Rassemblement National (RN) venait à triompher, des troubles importants pourraient éclater. Les partis de gauche ne semblent pas disposés à accepter la légitimité d'une victoire du RN, s'opposant à la loi de la majorité qui gouverne le système démocratique. Les partisans de Jean-Luc Mélenchon, en particulier, expriment une volonté de perturber les institutions en cas de victoire du RN, illustrée par des discours enflammés comme celui du maire de Saint-Denis.
Pour gagner un soutien crucial parmi les électeurs de gauche, Jordan Bardella devrait envisager d'intégrer dans son programme une mesure favorisant l'inclusion des salariés dans la gestion des entreprises, comme le modèle allemand de la "Mitbestimmung" pour les grandes structures, qui favoriserait la participation active des employés dans les décisions stratégiques. C'est une idée que l'environnement économique alarmant de la France appelle de toute évidence.
Comprendre les causes de la dégradation de notre économie
La situation économique de la France est préoccupante, marquée par un faible taux de croissance, des dépenses publiques élevées et une dette publique croissante. Le prochain président devra identifier clairement les racines de ce déclin pour initier des réformes efficaces.
Proposer la cogestion des entreprises pourrait marquer un tournant significatif dans la gestion des conflits entre classes sociales en France.
Ce climat d'instabilité économique trouve son origine dans des décennies de lutte des classes, un combat enraciné depuis la Révolution française. Cette lutte est souvent alimentée par des discours qui galvanisent un sentiment de dissension entre riches et pauvres. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, a clairement évoqué l'immoralité d'une telle richesse dans ses discours, attirant à lui un large soutien populaire.
Le mouvement syndical français, quant à lui, a longtemps été influencé par le marxisme, et la lutte des classes a continué d'alimenter ce ressentiment, rendant plus difficile l'établissement d'un dialogue constructif entre employeurs et employés.
Une solution potentielle : la cogestion des entreprises
Face à ces tensions et aux tentatives répétées de réformer la société, la cogestion des entreprises apparaît comme une avenue prometteuse. En permettant aux travailleurs de participer aux décisions de gestion, la France pourrait espérer un dialogue apaisé et un développement économique harmonieux. L'exemple allemand démontre que cette approche, loin d'être utopique, peut contribuer à une économie plus juste.
La mise en œuvre rapide de la cogestion pourrait signaler une véritable avancée sociétale.
D'inspiration allemande, cette stratégie pourrait améliorer le climat social en France, tout en contribuant à redonner du pouvoir aux classes populaires, signalant un tournant dans la lutte des classes qui a perduré depuis plus de deux siècles. Le MEDEF pourrait s'opposer à une telle mesure, mais il est essentiel de reconnaître l'urgence de redresser notre économie.
En intégrant cette proposition au cœur de son programme, Jordan Bardella pourrait non seulement attirer le vote de ceux qui soutiennent Mélenchon, mais également revigorer le débat public autour des réformes nécessaires pour le pays. Le moment est peut-être venu pour Bardella et son équipe de repenser les fondements de leur stratégie.







