Le tribunal de Marseille est sur le point de rendre son verdict concernant Félix Bingui, accusé d'être le chef du clan Yoda, un groupe criminel responsable de l'un des plus importants réseaux de vente de drogue de la ville. Le jugement est attendu ce vendredi, alors que les réquisitions ont été jugées "disproportionnées", voire même "politiques" par la défense.
Lors de trois semaines de débats, la procureure a réclamé une peine de 16 ans de réclusion criminelle pour Bingui, 35 ans, extradé du Maroc en janvier. Il a été décrit par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, comme un des plus grands narcotrafiquants du pays. Bingui est jugé pour transport de drogues, association de malfaiteurs et blanchiment, en récidive légale, et encourt une peine maximale de 20 ans.
La décision est-elle à l'approche d'une justice plus sévère dans les affaires de trafic de stupéfiants ? Outre Bingui, d'autres membres du groupe encourent des peines lourdes : 12 ans sont recherchés pour son bras droit, Mohamed Hussein Saleh, et Zine Eddine Belkai, l’un des principaux gérants, est également en fuite.
Le procureur a également demandé que les peines soient soumises à une période de sûreté des deux tiers, et a assorti ces réquisitions d’amendes qui pourraient atteindre 500.000 euros. "Les enquêteurs ont travaillé des mois pour atteindre les têtes de réseau," a affirmé le procureur, soulignant les enjeux colossaux et les quantities de drogues écoulées dans les rues marseillaises.
En réponse, Me Philippe Ohayon, avocat de Bingui, a dénoncé un "réquisitoire politique" et a insisté sur l’idée que l’objectif n’était pas tant de découvrir la vérité que d’abattre son client. "Une peine similaire à celle pour un meurtrier, c'est une inversion des valeurs !" a-t-il déclaré.
Bingui, qui a un casier judiciaire chargé de 13 condamnations, a réfuté les accusations portées contre lui, soutenant qu'il a déménagé à l'étranger en 2021, vivant dans des pays comme l'Espagne et les Émirats. Il a attribué son mode de vie luxueux, ponctué de voyages en classe affaires et de séjours coûteux dans des hôtels de luxe, à ses gains issus des paris sportifs et du poker.
"C'est une source de revenus mentionnée dans le dossier," a commenté ironiquement la présidente du tribunal. Les autres prévenus, qui ont joué des rôles variés dans le réseau, ont reconnu les faits mais ont minimisé leur implication, sans vouloir identifier les chefs.
durant deux ans, les enquêtes ont suivi et écouté les membres du clan, notamment pour leur gestion d'importants points de vente de drogue dans les quartiers Nord, en particulier à "La Fontaine", qui a été identifié comme un des plus lucratifs à Marseille.
Ces activités criminelles ont déclenché une guerre de territoires entre le gang des Yoda et la DZ Mafia, guerre ayant engendré de nombreuses pertes humaines et blessés au sein de la ville. Le verdict attendu ce vendredi marquera-t-il un tournant dans la lutte contre le narcotrafic à Marseille ? La réponse semble proche.
*Sources : France Info, Le Monde.*







