Après plus de deux décennies d'attente, Martin Ney, un tueur en série allemand, a été déclaré coupable et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises de Loire-Atlantique pour le meurtre de Jonathan Coulom, un garçon de 10 ans enlevé en 2004.
Âgé aujourd'hui de 55 ans, Ney a déjà purgé une peine de réclusion à perpétuité pour les meurtres de trois autres enfants en Allemagne. Lors de son procès, il a fait preuve d'une froideur déconcertante, écoutant le verdict sans montrer de réaction, après cinq heures de délibération.
Tout au long des douze jours d'audience, Ney a persister à clamer son innocence. Ses avocates ont plaidé pour son acquittement, mais la cour a rejeté leur argumentation. Sur les bancs des parties civiles, la douleur des proches de Jonathan était palpable, le beau-père du garçon témoignant : "Enfin justice a été rendue pour notre fils. Il va pouvoir reposer en paix".
L'avocate de la mère de Jonathan, Me Catherine Salsac, a exprimé un profond soulagement : "On connaît enfin la vérité". Selon l'avocate générale, le meurtre présente la "signature criminelle" de Ney, qui a reçu une peine de sûreté de vingt-deux ans et une interdiction définitive de territoire. "La gravité presque absolue des faits me laisse sans aucun doute sur sa culpabilité", a-t-elle déclaré à une salle comble.
Jonathan, originaire du Cher, avait disparu lors d'une sortie scolaire à Saint-Brévin-les-Pins en avril 2004. Son corps, lesté d'un parpaing, a été retrouvé après 43 jours dans un étang situé à environ 30 kilomètres de l'endroit où il avait disparu.
Martin Ney, ancien éducateur, a été condamné en 2012 pour les meurtres de trois garçons entre 1992 et 2001, et s'est vu désigné comme un prédateur. L'avocate générale a précisé que cette nouvelle condamnation française sera prise en compte dans l'évaluation de son aménagement de peine en Allemagne.
Malgré la condamnation, Ney continue de nier avoir tué Jonathan. Aucun ADN ou preuve matérielle ne l'impliquait dans l'affaire, ce qui a nourri son plaidoyer de non-culpabilité. "L'affaire Jonathan n'en fait pas partie", a-t-il réitéré, tandis que la cour a entendu des témoignages d'anciens détenus rapportant des aveux qu'il aurait faits.
L'un de ces témoins clés, un ancien codétenu, a prétendu avoir entendu Ney admettre sa culpabilité, affirmant qu'il avait été aperçu à proximité des lieux de la disparution. Des déclarations qui, selon Ney, ne sont que des fabrications. "Ces histoires sont inventées de toutes pièces", a-t-il rétorqué avec véhémence.
La présidente du tribunal, Karine Laborde, a également évoqué des messages écrits par Ney sur un forum pédocriminel, où il parlait d'un mystérieux "homme en noir" lié à ses crimes passés. Ney a déclaré qu'il ne s'était jamais identifié à ce personnage, le décrivant comme un "fantôme".
Au-delà des enjeux judiciaires, les souffrances des proches de Jonathan sont insupportables. Les avocates des parties civiles ont souligné que les dénégations de Ney constituaient un "outrage" à la mémoire d'un petit garçon pris trop tôt.







