Avant de purger une peine de perpétuité en Allemagne pour avoir assassiné trois enfants, Martin Ney a exercé comme animateur de colonie de vacances et éducateur. Depuis le 19 mai, il est jugé à Nantes pour le meurtre de Jonathan, 10 ans, disparu en avril 2004 lors d'une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique).
Martin Ney, âgé de 55 ans, a été condamné à la réclusion perpétuelle en 2012 en Allemagne pour le meurtre de trois garçons de 13, 9 et 8 ans, ainsi que pour plusieurs agressions sexuelles. Son modus operandi incluait l'intrusion dans des structures pour jeunes, où il se déguisaient afin de perpétrer ses actes.
Ce procès, qui s'ouvre sur des allégations de crimes horribles, met en lumière des témoignages poignants de ceux qui ont connu Jonathan. Parmi eux, un camarade présent dans la même chambre a révélé des détails inquiétants au tribunal.
"Est-ce que tu dors ?"
Adrien, l'un des rares témoins directs, a pris la parole devant la cour d'assises. Bien qu'il ait souligné qu'il avait "perdu la notion du temps", il affirme avoir vu "un homme grand s'approcher du lit de Jonathan". Selon 20 Minutes, il aurait été menacé par l'individu. "Il m’a pointé avec un objet brillant que j’ai identifié comme un couteau", a-t-il déclaré. En état de panique, il s’est caché sous la couette, entendant une voix demander à Jonathan : "est-ce que tu dors ?" Adrien a précisé que l'homme n'avait pas d'accent et a affirmé n'avoir jamais entendu cette voix auparavant. À noter que Martin Ney prétend ne pas parler français.
Le lendemain, malgré leur terreur, les enfants n'ont informé les adultes que tardivement.
Comme rapporté par Le Parisien et Le Figaro, lors du procès, Stéphane, le père de Jonathan, a partagé des souvenirs douloureux. Reconnaissant son fils à l'âge de trois ans, il décrit Jonathan comme un garçon "joyeux et plein d'amour". Il a exprimé ses doutes quant à la version officielle de sa disparition, affirmant que son fils, d'un naturel réservé et craintif, n'aurait jamais tenté de fuguer, en contraste avec les déclarations de ses encadrants qui ont évoqué une fugue le 7 avril 2004.
"La seule colère que je ressens, c'est contre moi-même"
En examinant les événements tragiques qui ont conduit à la découverte du corps de Jonathan dans un étang 20 ans plus tard, Stéphane a partagé sa douleur : "La seule colère que je ressens, c'est contre moi-même. Quand on a des enfants, on leur fait la promesse de les protéger. Je n'ai pas tenu cette promesse". Ce témoignage a témoigné de la profonde souffrance d'un père face à la perte de son enfant.
Les médias présents dans la salle ont rapporté que Martin Ney est resté impassible durant ces témoignages déchirants, renforçant déjà le climat de tension qui entoure ce procès.







