À Quimper, la chaleur printanière dévoile des inégalités thermiques au sein du quartier de Kermoysan. Alors que certains résidents profitent de logements récemment isolés, d'autres font face à des températures atteignant près de 30 degrés. Avec l'éloignement de cette vague de chaleur, les échos de ses conséquences persistent.
"À vrai dire, nous avons observé une nette augmentation des activités dans les services liés à la canicule par rapport à l'année précédente", confie Isabelle Gélébart, directrice adjointe de la veille sanitaire à l'ARS Bretagne.
Un afflux massif d'appels au Samu et aux pompiers
Dans les quatre départements bretons, le service d'urgence a été particulièrement sollicité. Les demandes passées au 15 ont plus que doublé par rapport aux périodes antérieures, enregistrant respectivement +128% dans les Côtes-d'Armor, +135% dans le Morbihan le 26 mai et un impressionnant +141% le 27 mai. Les pompiers du Finistère, quant à eux, ont dû traiter près de 3 000 appels en trois jours, soit une augmentation de 56% par rapport à l'année passée. Ce bilan comprend 840 interventions, marquées par une hausse des situations d'urgences vitales et des incidents liés à la chaleur, tels que des malaises et des incendies.
"Les pompiers ont dû gérer une charge de travail sans précédent durant cette période", indique un porte-parole des services d'urgence.
Une pression accrue sur les urgences
Les établissements de santé n'ont pas échappé à ce bouleversement. À l'hôpital de la Cavale Blanche à Brest, le 26 mai a vu défiler 157 patients, dépassant ainsi la moyenne habituelle. Entre lundi et mardi, les passages aux urgences ont crû de 20% dans les Côtes-d'Armor et de 14% dans le Finistère. Selon l'ARS, les malaises, l'hyperthermie et les coups de chaleur ont constitué plus de 5% des consultations chez SOS Médecins.
"Nous avons dû faire preuve d'une grande réactivité pour traiter ce flots d'urgences, et notre personnel a été mis à rude épreuve", souligne un médecin urgentiste.
Il reste difficile d'évaluer pleinement l'impact sanitaire de cette canicule. Les données concernant le nombre de décès dans les EHPAD ne sont pas encore disponibles, laissant planer l'incertitude sur une éventuelle surmortalité. Cependant, l'activité accrue des hôpitaux témoigne d'un effet indéniable sur la santé des Bretons.
"Il est clair que notre système de santé a souffert sous cette intense chaleur, et nous surveillons de près les développements futurs", conclut Isabelle Gélébart.







