Ce samedi 9 mai, entre 400 et 500 manifestants se sont rassemblés à la plage de Broussas, à Royère de Vassivière, pour s'opposer à un projet de porcherie visant à élever 1 200 porcs dans un bâtiment fermé. Porté par deux agriculteurs souhaitant diversifier leur activité, ce projet soulève l'indignation des riverains.
"Porcherie = pollution", "non aux cochons sur le plateau de millevaches", "Vassivière balance ton porc" étaient parmi les slogans entendus durant la marche menant du stade municipal à la plage. Après un pique-nique sur place, les manifestants ont exprimé leurs préoccupations quant à l'impact environnemental de cette installation.
Les critiques portent particulièrement sur le mode d'élevage prévu, qui implique l'utilisation de caillebotis et le risque accru de pollution des eaux par les épandages de lisiers. Brigitte, une habitante de Faux-la-Montagne depuis deux décennies, a témoigné de son expérience : "Je suis originaire de Bretagne. J'ai vu de mes propres yeux les ravages causés par les porcheries. Les épandages de lisiers engendrent des cyanobactéries, et cela, nous le ressentirons dans quelques années".
Tous les feux sont au rouge
Les inquiétudes des citoyens sont renforcées par les conclusions d'experts et de techniciens sollicités par le syndicat d'aménagement du lac de Vassivière. Benjamin Simons, vice-président du syndicat, alerte sur les conséquences potentielles sur le tourisme local : "Chaque année, nous accueillons plus de 180 000 visiteurs. Si les activités nautiques deviennent impossibles, l'impact financier dépassera largement le simple domaine agricole". Selon ses estimations, des centaines d'emplois dépendant directement du lac pourraient également être menacés.
Pourtant, le préfet de la Creuse avait déclaré récemment que "tous les feux sont au vert" pour ce projet, suscitant une nouvelle vague de mobilisation. Ophélie, membre du collectif "Non à la porcherie", explique : "Nous montrons que notre opposition transcende les appartenances politiques. Les habitants comprennent désormais que cette porcherie serait catastrophique pour notre environnement". De plus, Benjamin Simons, également maire de Gentioux-Pigerolles, a affirmé qu'il existe une large unanimité contre le projet au sein des collectivités locales, à l'exception de la chambre d'agriculture de la Creuse.
Les municipalités de Royère de Vassivière, La Villedieu et Faux la Montagne se sont également prononcées contre cette installation. La décision finale du préfet est attendue avant le 17 juillet. Les manifestants espèrent que leur voix sera entendue pour protéger leur milieu de vie.







