Depuis fin avril, Isabelle Assih, maire de Quimper, subit une courante de haine sur les réseaux sociaux après la décision de l'agglomération de suspendre la réservation du Parc des Expositions pour un banquet prévu par le Canon Français. Ce jeudi, elle a annoncé son intention de déposer plainte pour cyberharcèlement.
"Il est inacceptable de tenir des discours racistes, sexistes, et de menacer impunément", a-t-elle déclaré. Accompagnée de son mari, elle déposera sa plainte le 11 mai pour des accusations de menaces et d'injures à caractère raciste et sexiste. Cette vague de haine a été catalysée par la suspension de cet événement controversé.
Des messages racistes, sexistes et haineux
Les attaques ont débuté le 24 avril. Isabelle Assih et son époux ont reçu de nombreuses injures. En plus des injures racistes, les messages contiennent des propos sexistes et des appels à la haine. Dans un communiqué, elle a cité des exemples de ces messages : "encore une connasse qui se croit au Congo", "on est en France pas en Afrique ni à Bamako", et "Quitte la France, Bamako te tend les bras".
De tels commentaires ont également été observés sous les articles des journaux locaux. Le Conseil communautaire a récemment accordé la protection fonctionnelle à Madame Assih et à ses proches, mettant en lumière le fait inquiétant selon lequel "statistiquement, une femme est 27 fois plus susceptible qu'un homme de subir du cyberharcèlement".
De nombreux soutiens
Maître Rachel-Flore Pardo, l'avocate d'Isabelle Assih, a vigoureusement condamné cette vague de dénigrement : "Une élue est ciblée par une campagne de cyberharcèlement raciste et sexiste, ce qui n'a rien à voir avec la critique politique. Cela vise à intimider et à détruire notre démocratie".
Isabelle Assih reçoit également des soutiens politiques considérables. Le préfet du Finistère, Louis Le Franc, a déclaré : "Aucune différence d'opinion ne peut justifier l'injure, l'intimidation ou les menaces à l'encontre d'un élu". Des figures comme Loïg Chesnais-Girard et Olivier Faure ont également réagi, soulignant la gravité de cette "campagne de haine".
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié les insultes de "abjectes" et a affirmé que "ce qu'il s'est passé à Quimper est absolument ignoble". Dans ce climat troublé, la défense des droits d'Isabelle Assih pourrait marquer un tournant dans la lutte contre le cyberharcèlement en France.







