Une étude récente, dévoilée le 7 mai par le Défenseur des droits, met en évidence que près d'un parent sur trois affirme que son enfant a subi des harcèlements de la part de ses camarades ou des discriminations provenant de l'école. Environ 70 % d'entre eux estiment que ces cas sont liés à des critères prohibés par la législation, tels que le handicap, la religion ou le genre.
Ce rapport repose sur une enquête effectuée entre octobre 2024 et janvier 2025, portée auprès de 1 692 parents d'enfants âgés de 6 à 23 ans. Les parents ont été interrogés pour se prononcer sur d'éventuels traitements inéquitables dont leurs enfants auraient pu être victimes au cours des cinq dernières années, y compris le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement.
"Cette étude ne se limite pas à quantifier les atteintes aux droits de l'enfant; elle éclaire plutôt la perception des parents face à ces injustices", souligne le rapport. L'analyse montre un lien significatif entre harcèlement, cyberharcèlement et discriminations scolaires, révélant une continuité dans les atteintes aux droits des enfants, mettant ainsi en péril leur bien-être et leur parcours éducatif.
Des jeunes parents plus conscients des enjeux
Près de 70 % des parents rapportant des traitements inégalitaires considèrent que ces discriminations pourraient être liées à des critères illégaux (handicap, couleur de peau, apparence physique…). Le handicap est désigné comme le critère de discrimination le plus souvent cité. Les parents d'enfants en maternelle et primaire sont particulièrement inquiets : environ un parent sur trois croit que son enfant a été harcelé, et un sur dix évoque le cas du cyberharcèlement. Les jeunes parents, âgés de 18 à 34 ans, ainsi que ceux ayant eux-mêmes subi des discriminations, sont plus susceptibles de faire état de ces problèmes.
En effet, l'étude révèle que 16 % des parents intègrent les démarches administratives lorsque leurs enfants sont victimes de traitements inéquitables, contre seulement 7 % pour le harcèlement. Cette dynamique peut être expliquée par “la difficulté d'identifier les procédures appropriées” ou “la crainte de détériorer la situation”.
Face à cette “perception aiguë” des violations des droits des enfants dans le milieu scolaire, le Défenseur des droits recommande une “formation adéquate des enseignants” pour lutter contre les discriminations et éviter de minimiser la gravité du harcèlement.







