Depuis début mars, une dizaine de commerces rennais font face à des redressements judiciaires, tous liés au même groupe, Birati. Les commerçants de la ville jugent cette situation « singulière » et « spécifique ».
Dans un champ à l'entrée du domaine du Château d'Apigné, des invités s'activent, fourchette de plantation à la main, pour installer les derniers plants. Quatre cépages ont été soigneusement choisis par Karim Khan, passionné de vin et propriétaire des lieux depuis 1989. « J'avais même envisagé d'acheter un vignoble. Finalement, pourquoi ne pas le faire ici ? » plaisante-t-il.
Réputé pour son hôtel-restaurant Les Tourelles et ses espaces de réception, le château s'embarque maintenant dans une aventure viticole. « Nous nous lançons dans une nouvelle passion, quelque chose d'extraordinaire », s'enthousiasme Karim Khan. Avec des cépages comme la Syrah et le Viognier, son objectif est de privilégier la qualité. « Sur une surface d'un hectare, il est sûr que l'équilibre économique n'est pas toujours viable. Nous voulons avant tout produire du beau et du bon, tout en développant l'œnotourisme. De nombreux clients venant d'Amérique du Nord nous demandaient pourquoi nous avions un château sans vin. Désormais, nous pourrons leur dire que nous en aurons ! »
Un héritage viticole et des opportunités climatiques
Bien que ce ne soit pas le premier vignoble en Bretagne, celui du Château d'Apigné est déjà l'un des plus significatifs dans la région. Historiquement, la Bretagne n’a pas été une terre viticole reconnue. Karim Khan souligne : « La vigne a existé en Bretagne depuis longtemps mais a été abandonnée à cause du phylloxéra au début du 20e siècle, et la production de cidre a pris le dessus. »
Le réchauffement climatique a ouvert de nouvelles possibilités. « Nous ne voulons pas nous en contenter, mais nous souhaitons en tirer parti. Notre vigne sera cultivée en bio », déclare-t-il. Pour confirmer la viabilité du projet, il s'est appuyé sur les études de Valérie Bonnardot, membre du Haut Conseil breton pour le Climat et enseignante-chercheure à l'Université Rennes 2. Elle constate : « Pour donner un ordre de grandeur, Rennes a actuellement des températures annuelles similaires à celles de Bordeaux après-guerre. C'est un indice des changements climatiques en Bretagne. »
Bien que ce constat soit préoccupant, il permet d'envisager un avenir viticole pour la région. Valérie Bonnardot ajoute : « Les températures sont suffisamment élevées pour favoriser la croissance et la maturation des raisins, permettant ainsi de produire du vin de qualité. » En conséquence, le Château d'Apigné fait le choix audacieux de planter des cépages rhodaniens, connus pour leur résistance à la chaleur.







