Aujourd'hui, aux Folies Bergère de Paris, s'est tenue la 37e cérémonie des Molières, une soirée éclatante où « Le Procès d'une vie » a brillé en raflant plusieurs prix. La cérémonie a vu se partager 19 récompenses entre quinze spectacles, illustrant la diversité du théâtre français.
Les festivités ont commencé sur une note nostalgique et festive avec les Cagelles de « La Cage aux Folles » qui ont mis le feu aux planches. Alex Vizorek, pour la troisième fois aux commandes, a su allier humour mordant et réflexions pertinentes sur l'éventuelle diplomatie culturelle du gouvernement, piquant au passage la ministre de la Culture, Catherine Pégard.
Jean-Marc Dumontet, président des Molières, a salué une soirée « belle et chatoyante ». Parmi les moments mémorables, MC Solaar a magnifiquement interprété une pièce de Corneille, tandis qu'une interlude humoristique a vu Alex Vizorek aborder avec finesse des sujets délicats.
À l'occasion de son hommage à sa mère disparue la veille, Jérôme Kircher a offert un moment touchant en partageant un chagrin avec le public. La cérémonie a également vu des appels à la préservation des subventions aux arts, illustrant la précarité actuelle des artistes. Aila Navidi, l'auteure franco-iranienne, s'est engagée à ne pas oublier la situation difficile de son pays d'origine.
Les récompenses ont été remises avec une grande ferveur, comme en témoigne Josiane Balasko, qui a reçu le Molière de la comédienne pour « Ça c'est l'amour » sur les sujets souvent tabous de la maltraitance. Laurent Lafitte a été sacré meilleur comédien pour son rôle dans « La Cage aux Folles », soulignant l'importance de la représentation LGBTQ+ dans le théâtre d'aujourd'hui.
« Vive les folles ! », s'est exclamé Olivier Py, le metteur en scène, tout en rappelant le climat homophobe dans plusieurs pays. La soirée, bien que moins politique que par le passé, a abordé des thèmes sociétaux importants.
Le triomphe incontesté a été « Le Procès d'une vie », qui évoque le combat pour le droit à l'avortement, et dont la mise en scène a été saluée par le public. Deux Molières ont également été attribués à « Fin, fin et fin », une comédie innovante.
La présence de personnalités colorées comme Merwane Benlazar et François Morel a apporté une touche d'absurde à cette soirée marquée par des échanges directs sur l'actualité. La performance émotionnelle de Muriel Robin a touché le cœur de tous, déclenchant une ovation debout.
En fin de compte, la 37e cérémonie des Molières a été un vibrant mélange d'émotion, de réflexion et d'humour, célébrant un théâtre résilient et engagé. La soirée a été marquée par des discours pleins d'esprit et des performances mémorables, rappelant la puissance transformante de l'art.
Le palmarès de la soirée
Molière du théâtre privé: « Le Procès d'une vie »
Molière du théâtre public: « I will survive »
Molière de la comédie: « Fin, fin et fin »
Création visuelle et sonore: « La Petite boutique des horreurs »
Spectacle musical: « La Cage aux folles »
Humour: Alex Lutz
Jeune public: « Casse-Noisette ou le Royaume de la nuit »
Seule en scène: « Les Frottements du cœur »
Comédien (théâtre privé): Jérôme Kircher pour « Amadeus »
Comédienne (théâtre privé): Josiane Balasko pour « Ça, c'est l'amour »
Comédien (théâtre public): Laurent Lafitte pour « La Cage aux folles »
Comédienne (théâtre public): Elsa Lepoivre pour « Hécube, pas Hécube »
Metteur en scène (théâtre public): Joël Pommerat pour « Les petites filles modernes (titre provisoire) »
Metteur en scène (théâtre privé): Samuel Valensi et Paul-Éloi Forget
Révélation féminine: Marina Pangos pour « Le Chant des lions »
Révélation masculine: Lancelot Cherer pour « Fin, fin et fin »
Second rôle masculin: Laurent Stocker pour « Les Femmes savantes »
Second rôle féminin: Jeanne Arènes pour « Le procès d’une vie »
Auteur francophone: Barbara Lamballais et Karina Testa pour « Le procès d'une vie »







