Comment préserver les tourbières, ces écosystèmes humides vitaux pour la biodiversité et le stockage du CO₂ ? C'est le défi que relève le projet européen "Buffer +" soutenu par la chambre d'agriculture de Bretagne. Ce territoire breton fait partie des six sites pilotes sélectionnés pour expérimenter des actions novatrices avec les agriculteurs.
À Loqueffret, Jérémy Stéphan, éleveur bovin, pratique une gestion raisonnée de ses prairies. Il ne fauche son herbier qu'à partir du mois de juillet afin de préserver au maximum la flore locale. Il souligne : "Nous avons pris l'engagement de ne pas ajouter de produits comme du fumier ou des amendements pour conserver le milieu naturel intact." Cette approche illustre l'engagement des agriculteurs envers la conservation de l'environnement.
Un réservoir d'eau précieux
Vincent le Talour, chargé de mission environnement à la chambre d'agriculture de Bretagne, souligne l'importance essentielle de ces milieux : "L'objectif est de maintenir ces zones et de prévenir une exploitation agricole intensive dans les alentours." Les tourbières, avec leurs sols riches en sphaigne, agissent comme de véritables éponges. Elles absorbent l'eau pendant les périodes de précipitations abondantes et la restituent tout au long de l'année, ce qui les rend particulièrement résilientes. Elles jouent un rôle clé dans le maintien des ressources hydriques du Finistère.
En outre, ces tourbières ont la capacité de stocker du carbone, ce qui accentue la nécessité de leur protection. Mais convaincre les agriculteurs de ces enjeux n’est pas simple, comme l'explique Sophie Jezequel, élue de la chambre : "Ces terres, peu rentables économiquement en élevage, risquent d'être rapidement abandonnées. La question du financement devient alors centrale pour garantir un intérêt collectif."
À la recherche de partenaires
Dans les mois à venir, la chambre d'agriculture travaillera à attirer des entreprises prêtes à soutenir ces initiatives écologiques. Charlotte Quénard, chargée de mission, précise : "Nous cherchons des entreprises désireuses de s'investir financièrement dans ces services environnementaux à travers des contrats de paiement pour services environnementaux (PSE)." Pour l'instant, aucun contrat n'est encore en place, mais elle reste optimiste : "Construire ces accords n'est pas simple, mais nous croyons fermement qu'il est possible de concilier rentabilité agricole et préservation de l’environnement." Selon les experts, ces contrats pourraient mettre jusqu'à deux ans pour être finalisés, mais l'espoir d'opportunités nouvelles est bien présent.







