Le mouvement britannique "No Mow May", qui signifie "Pas de tonte en mai", s'est progressivement imposé en France depuis son lancement en 2019. Les experts en jardinage recommandent aux propriétaires de jardins de suspendre la tonte au cours de ce mois, un geste qui pourrait avoir des répercussions positives sur la biodiversité, notamment pour les pollinisateurs.
Une bonne pratique pour protéger la biodiversité
À l'origine de ce mouvement, l'ONG britannique Plantlife appelle à ne pas tondre les pelouses en mai afin de sauver les abeilles et les papillons, qui souffrent d'un manque de ressources alimentaires essentielles. "Laissez les plantes sauvages subvenir à leurs besoins avant l'été", explique-t-elle sur son site web. Dans les 30 dernières années, les populations d'insectes ont diminué de 70 à 80 %, un constat alarmant, souligne Alexandre Barraud de l'ONG Pollinis, qui attribue cette situation à divers facteurs, notamment l'utilisation de pesticides et la perte d'habitats naturales.
En 2023, la ville de Saintes (Charente-Maritime) a lancé une initiative similaire en demandant à ses habitants de ne pas tondre une partie de leurs pelouses. "Après une première tonte pour alléger les pousses d'hiver, nous laissons la nature suivre son cours", précise Charlotte Toussaint, adjointe au maire. Cette approche non obligatoire vise à sensibiliser les citoyens à l'importance de préserver la biodiversité.
Des pratiques innovantes dans les espaces publics
Les jardins publics à Paris, comme celui des Plantes, ont également adopté cette philosophie. "L'absence de tonte favorise l'arrivée des insectes, qui reviennent en force lors de la floraison", explique Noëlle Parisi, responsable technique. Elle souligne que les pelouses tondues à une hauteur de 4 centimètres sont souvent dépourvues de vie.
Adaptez votre tonte au fil des saisons
Au-delà de ne pas tondre en mai, les spécialistes recommandent d'adapter la fréquence de la tonte tout au long de l'année. "Tondre trop régulièrement empêche le gazon de développer un système racinaire solide, indispensable pour faire face à la sécheresse", indique Adrien Felsmann, paysagiste à Toulouse. Il conseille de tondre moins souvent tout en préconisant des coupes plus courtes dans les zones de passage, comme les terrains de jeux ou les allées.







