Après près d'une décennie de promesses, notamment celle faite par Emmanuel Macron en 2017 lors d'un discours à Ouagadougou, l'Assemblée nationale a voté un projet de loi historique sur la restitution des œuvres d'art pillées durant la période coloniale. Ce vote, qui marque une étape significative dans la reconnaissance des injustices passées, a été largement salué par les députés.
Catherine Pégard, la ministre de la Culture, souligne : « Cette loi est attendue en France et dans le monde entier ». Selon un article de Ouest-France, 170 députés ont voté en faveur de cette initiative, marquée par des discours fervents qui évoquent une « nouvelle page de notre Histoire ».
Cependant, un point crucial a été ajouté : les œuvres restituées devront être préservées par les pays demandeurs et leur accessibilité au public doit être assurée. Les parlementaires soulignent que cela pourrait affecter la « souveraineté » des pays qui récupèrent ces œuvres, ainsi que leur importance symbolique et politique. Etienne Caniard, historien spécialiste des relations franco-africaines, commente : « Il est essentiel que cette restitution soit accompagnée d'une volonté partagée de conservation et de mise en valeur des œuvres ».
Une loi qui couvre une période historique précise
Seules les œuvres pillées entre 1815 et 1972 sont concernées, englobant un large éventail d'événements du Second Empire à la décolonisation. Les députés de gauche ont tenté d'élargir ce cadre, souhaitant qu'il inclue toutes les œuvres volées, indépendamment de leur date. Ils ont également proposé d'inclure des biens militaires, une mesure qui aurait permis à l'Algérie de récupérer des artefacts tels que le canon Baba Merzoug exposé à Brest.
Durant des années, ce projet de loi a affronté des résistances de la part des musées, car les œuvres accumulées dans les institutions publiques ne peuvent généralement ni être vendues ni cédées, conformément au principe d'inaliénabilité. Ce cadre juridique complexifie considérablement le processus de restitution, qui nécessite une législation pour chaque cas. Par ailleurs, le cas du 'Djidji Ayokwe', un tambour traditionnel restitué à la Côte d'Ivoire en 2026, illustre bien cette lente démarche.







