Entre gestion financière et protection du patrimoine, Alexandre Lanoë, récemment élu maire de Carnac, a pris une décision controversée : suspendre le chantier du musée de la préhistoire, débuté en février dernier. Cette décision soulève des craintes sur l'avenir du site, notamment la perte potentielle du label UNESCO, comme l’indique l’association Menhirs libres.
À Carnac, petite ville de 4 200 habitants, la dynamique de protection du patrimoine archéologique est marquée par des événements inattendus. Après la destruction de 39 menhirs pour la construction d’un magasin de bricolage en 2023 et la récente inscription des mégalithes au patrimoine mondial de l’UNESCO, la situation actuelle suscite de vives inquiétudes.
En annonçant l'arrêt du projet de musée lors de la première réunion du conseil municipal, Lanoë a justifié sa décision par les coûts jugés trop élevés, avec 8 millions d'euros restant à la charge de la commune sur un budget total de 16 millions. Ce projet, soutenu depuis 2020 par la précédente majorité, visait à remplacer un musée jugé obsolète. L'État et les collectivités avaient promis 8,5 millions d'euros, mais ce reste à charge a pesé dans la balance.
David Robo, maire de Vannes, a exprimé son inquiétude face à cette décision. Selon lui, le musée représente un élément clé pour valoriser et protéger les mégalithes qui sont des éléments emblématiques de la région. La ville de Vannes, détentrice de nombreuses collections destinées à être exposées, pourrait elle aussi pâtir de ce retournement de situation.
Les craintes sont partagées, l’association Menhirs libres anticipant la possible perte du label UNESCO à l’horizon 2030 si des actions concrètes ne sont pas mises en place. Lanoë a évalué à 2 millions d'euros le coût de l'arrêt, sans compter le remboursement des subventions de 1,056 million d’euros déjà allouées.
Le préfet du Morbihan, Michaël Galy, et le directeur régional des affaires culturelles de Bretagne, Quentin Jagorel, ont également tiré la sonnette d'alarme. Ils avertissent que des clarifications sur les intentions de la municipalité sont indispensables pour respecter les engagements pris auprès des instances internationales. "Le patrimoine mérite une attention constante et des décisions réfléchies", a déclaré Galy, insistant sur l’importance du projet pour la région.







