Les récents commentaires de Jean-Michel Blanquer portant sur les écoles immersives en Corse ont déclenché une onde de choc, engendrant des réponses diverses du réseau Scola Corsa. Ce dernier a publié un communiqué en réponse à des insinuations jugées excessives, dans un contexte de discussions cruciales pour la contractualisation de ces établissements avec l'État.
Les propos de Blanquer, ancien ministre de l'Éducation nationale, formulés sur la plateforme X, qualifient les écoles immersives de « illégales et inconstitutionnelles » et dépeignent un environnement où « des élèves seraient chargés de dénoncer ceux qui parleraient français durant les pauses ». Des déclarations qui interviennent alors que la place de ces institutions au sein du système éducatif est remise en question.
Cette polémique a engendré des réactions vives dans la sphère politique et sociale. Le député Michel Castellani a souligné que visiter ces écoles pourrait éviter à Blanquer d' « étaler ses fantasmes jacobins », ajoutant qu'il pourrait être agréablement surpris par « la qualité de l’enseignement et le niveau des élèves en langue française ».
Des propos jugés « outranciers »
Dans son communiqué, Ghjiseppu Turchini, président du réseau associatif Eskolim et de la fédération Scola Corsa, a exprimé son « choc » face à ces déclarations, jugées « outrancières ». Il a néanmoins choisi de ne pas entrer dans des polémiques inutiles, précisant que « le réseau scolaire immersif associatif ne s’oppose à aucun autre modèle » mais représente « une offre de plus en plus plébiscitée », considérée comme un « service public répondant à un besoin sociétal et culturel évident ».
Scola Corsa affirme que ses méthodes d'enseignement sont conformes aux attentes de l'Éducation nationale, ayant même reçu la validation pour la contractualisation de certaines classes. Le réseau insiste sur une approche qui prône « une complémentarité linguistique », plutôt que sur « un monolinguisme prétendant en supplanter un autre ».
En outre, Turchini souligne que les élèves issus de ces filières « ont un niveau en langue française qui ne souffre d'aucune comparaison ». Certaines écoles immersives se classent parmi les meilleurs résultats au baccalauréat dans l'Hexagone, renforçant ainsi la légitimité du modèle éducatif proposé.
Enfin, Scola Corsa et Eskolim, qui regroupent des établissements tels que Seaska, Diwan, Calandreta, La Bressola et ABCM, appellent à un apaisement du débat sur les langues régionales et à la création d'un « cadre juridique stable ». Ils rappellent que les langues régionales sont une « richesse du patrimoine de la France » et doivent être protégées, en particulier face aux menaces pesant sur leur pérennité.







