Le maire La France insoumise (LFI) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a récemment dénoncé des commentaires jugés racistes à son encontre sur la chaîne d'information CNews. En réponse à ces attaques, il a lancé un appel à un « rassemblement citoyen » prévu le samedi 4 avril, sur le parvis de son hôtel de ville, afin de lutter contre le racisme et les discriminations.
Prévu à 14 heures, cet événement est présenté comme un « rassemblement populaire, citoyen », visant à dénoncer « le racisme, les discriminations et la haine de l'autre ». Bally Bagayoko insiste également sur l'importance de « défendre la République et ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité » face aux « attaques réactionnaires » qu'il constate.
Élu au premier tour des municipales à Saint-Denis-Pierrefitte, il a désormais la responsabilité d'une des plus grandes villes d'Ile-de-France. Originaire des Hauts-de-Seine de parents maliens, il est devenu la cible de nombreux commentaires racistes depuis son élection.
« Un enfant de la ville »
Lors d'un débat sur CNews, des questions ont été soulevées sur son style de gouvernance. Le psychologue Jean Doridot a controversé en insistant sur la nature sociale de l'humanité, établissant un parallèle avec la hiérarchie des tribus anciennes. Ces propos ont été interprétés par de nombreux observateurs comme dégradants.
La députée LFI Mathilde Panot a exprimé son indignation sur les réseaux sociaux, dénonçant un racisme « crasse et décomplexé » et une comparaison inacceptable entre M. Bagayoko et un « chef de tribu ». Elle a également annoncé son intention de saisir l'Arcom, l'autorité de régulation des médias. En parallèle, Bagayoko a déposé une plainte auprès de l'Agence France-Presse (AFP).
CNews, de son côté, a défendu son animateur en contestant l'interprétation des propos de Jean Doridot, arguant qu'ils avaient été « délibérément déformés » par les réseaux sociaux. La polémique s'est intensifiée lorsque le philosophe Michel Onfray a qualifié Bagayoko de « mâle dominant » après son appel à « allégeance » post-élection.
Dans son appel, le maire Bagayoko a également mis en lumière les préjugés des médias nationaux, soulignant leur difficulté à accepter qu'« un enfant de la ville, issu de nos quartiers populaires, puisse être appelé aux responsabilités pour la collectivité ». Cette situation met en exergue les défis auxquels font face les élus issus de la diversité en France, notamment dans un contexte où les discours de haine semblent se multiplier.







