Depuis 1867, Meilland Richardier, entreprise familiale nichée dans le Var, excelle dans la création de roses destinées aux particuliers ainsi qu’aux espaces publics. Au fil des ans, elle est devenue un acteur incontournable sur le marché mondial des rosiers. Plongeons dans cet univers fascinant.
La création au cœur du métier
Offrir une rose, que ce soit pour la Saint-Valentin ou sans raison précise, est un acte naturel. Toutefois, la conception de cette fleur magnifique débute par un processus minutieux au cœur de la plaine varoise, près du Luc. Olivia Cenne, responsable du développement, explique que le marché se divise en deux segments : la rose coupée et le rosier d'ornement. Tout commence dans des serres où une trentaine d'ingénieurs agronomes œuvrent à la recherche, la création et la sélection des plantes. Actuellement, l’entreprise propose un catalogue riche de 400 variétés, auquel s’ajoutent chaque année 4 à 5 innovations.
Un secteur concurrentiel
« À la base de chaque création, il y a l'hybridation », précise Olivia. Chaque printemps, entre avril et juillet, l’équipe tente jusqu’à 5 000 croisements. Les critères de sélection incluent la floribondité, la taille des fleurs et leur résistance aux maladies. Parallèlement, des recherches se concentrent sur la création de rosiers compacts adaptés aux environnements urbains. Quant aux fleurs coupées, l’accent est mis sur le parfum, la longévité en vase et la taille des fleurs. En menant des études de marché, l’équipe s'adapte aux préférences des consommateurs : les Espagnols privilégient le rouge, tandis que les Allemands votent pour le rose pâle et le jaune. Après 8 à 10 ans de tests, seulement 5 variétés sont sélectionnées pour la production. Ces créations sont protégées par des droits qui s'étalent sur 30 ans, accompagnées d’un sticker orange attestant leur origine Meilland Richardier. L'entreprise, l'une des principales en France, doit également rester vigilante face aux faussaires, estimant que 30 % des rosiers sur le marché sont le fruit de contrefaçons.
L'importance de l'Afrique dans la production
Bien que les rosiers soient cultivés en France, la majorité des fleurs coupées provient d'Afrique. Le secteur de la rose représente 500 000 emplois indirects au Kenya et 180 000 en Éthiopie, générant près de 800 millions de dollars pour ces pays. Bien que la production soit délocalisée, l'innovation reste ancrée en Europe.
Des rosiers iconiques
Parmi les rosiers les plus vendus au monde figurent des références emblématiques telles que Pierre de Ronsard, Mona Lisa et Madame Meilland, ce dernier étant commercialisé aux États-Unis sous le nom de Peace. Ces variétés ne sont pas seulement populaires, elles sont également fréquemment reproduites illicitement.
Une rose pour Audrey Fleurot
En mai 2021, l'actrice Audrey Fleurot a assisté au festival des Jardins de la Côte d'Azur pour le baptême d'une rose à son nom. Comme le souligne Olivia Cenne, les roses dédiées aux personnalités ne donnent lieu à aucune compensation financière, mais requièrent un contrat d’utilisation du nom.
Le trajet des roses
Ce matin-là, Alain Meilland, représentant de la cinquième génération, inspecte 150 roses développées par sa famille. Cutées au Kenya, elles passent par Dubaï avant d’arriver à Nice pour leur contrôle phytosanitaire. « Lorsqu'on ouvre le carton après une semaine dans l’obscurité, elles ressemblent à des passagers de vols long-courriers. À ce moment, nous évaluons leur consommation d’eau, un indicateur de leur viabilité. » En moyenne, les fleurs arrivent chez les fleuristes une semaine après leur coupe.
Lexique des roses
Certificat d'obtention végétale : Titre de protection pour une nouvelle variété.
Dénomination variétale : Nom de code universel d'une nouvelle variété.
Floribondité : Nombre de fleurs sur un rosier.
Hybridation : Croisement entre deux variétés.
Obtenteur : Personne déposant une nouvelle variété.







