Le retour à la terre nourricière et la promotion d'une alimentation végétale prennent de l'ampleur, dans le cadre des recommandations de l'OMS. Face à une prise de conscience croissante sur les dangers du fast-food, le jardin nourricier revient sur le devant de la scène. Toutefois, ce phénomène attire parfois des comportements paradoxaux, surtout depuis que la permaculture est devenue un projet de reconversion en vogue, souvent mal compris.
Un potager en mutation
Le numéro Garden_Lab#07, dédié au jardin comestible, met en lumière la transformation de notre alimentation et de notre connexion à la terre. Le jardin nourricier a souffert après la Seconde Guerre mondiale, alors que l'industrialisation et l'urbanisation ont dévalorisé le potager.
Heureusement, un retour aux sources s'amorce, réconciliant différentes approches : le potager nourricier se rapproche désormais du maraîchage non industriel, et le foodscaping gagne en popularité en mélangeant plantes comestibles et ornementales.
Cette mise en avant de la permaculture révèle la nécessité d'adopter des techniques de culture respectueuses de l'environnement, plus proches des attentes des consommateurs.
La permaculture : un retour aux sources
Nous ne remettons pas en cause les principes de la permaculture, qui deviennent le reflet du bon sens paysan, comme le souligne le mook Garden_Lab. Ces pratiques étaient déjà en usage au XXe siècle chez des cultivateurs, intégrant divers types de plantes pour compenser d'éventuelles pertes et favoriser l'écosystème.
Pour pratiquer efficacement la permaculture, une formation solide est nécessaire pour comprendre le vivant et le végétal. Cependant, certains cours, devenus lucratifs, peuvent être décevants. Beaucoup d'adeptes apprennent des termes techniques sans véritable compréhension, ce qui entraîne des échecs. La promesse d'une récolte abondante sans effort est un mythe, comme l'indique Xavier Mathias dans son ouvrage Au cœur de la permaculture.
Cultiver un jardin comestible en permaculture engage des échanges et partage, mais nécessite aussi des connaissances profondes sur la nature, ce qui ne doit pas être confondu avec une quête d'autarcie. La circularité d'une économie raisonnée dans son jardin ne doit pas mener à un isolement ou un rejet des autres.
Des expériences prometteuses et des écueils à éviter
Des initiatives, comme le potager en permaculture au Domaine National de Chambord, sont à saluer pour leur aspect pédagogique, diffusant une approche plus harmonieuse du jardinage. En revanche, les projets isolés, mal informés et parfois nostalgiques d'une autonomie alimentaire peuvent échouer en raison d'une compréhension erronée des principes permaculturels.
Il est crucial de ne pas perdre de vue que la permaculture cherche à harmoniser nos pratiques avec la nature, contrairement à des comportements contradictoires qui nuisent à l'environnement tout en vivant de manière peu durable.
* (mook Garden_Lab#07 – en librairie le 2 mai 2019 – 19,90 €)
** (Editions Larousse – août 2017 – 17,95 €)
(crédit photo 1 : Garden_Lab)







