L'accord Mercosur : un non d'Emmanuel Macron aux conséquences incertaines

L'opposition à l'accord Mercosur n'est pas suffisante pour bloquer son avancée.
L'accord Mercosur : un non d'Emmanuel Macron aux conséquences incertaines
Mercosur : "Les règles du jeu de la ratification ont été modifiées, on a très peu entendu le président sur ce sujet", souligne Marine Colli, spécialiste des politiques publiques agricoles (franceinfo)

La décision d’Emmanuel Macron de s’opposer à l’accord Mercosur, annoncée dans un tweet, ne semble pas suffisante pour apaiser les tensions au sein du secteur agricole en France. Bien que le président ait voté contre l'accord lors d'une réunion à Bruxelles, des experts comme Marine Colli, consultante en politiques agricoles, soulignent que cette position arrive trop tard et est désormais sans réel pouvoir.

Selon Colli, le contexte politique intérieur a contraint le président à adopter une position défensive. "C'est un non qui a été rendu obligatoire par la situation", explique-t-elle, précisant que la France a perdu son droit de veto sur un accord qui, bien qu'étant un traité de libre-échange, inclut également des éléments politiques. Les règles de ratification ayant été modifiées par la Commission européenne, la France ne peut plus faire obstacle à l'adoption de cet accord.

Plus précisément, alors que l'accord est considéré comme mixte et nécessite un vote unanime des États membres, la Commission a choisi de séparer le volet commercial, lui permettant d'être approuvé par une simple majorité qualifiée. Cela signifie que le veto français n'a plus le même poids, et selon certains, comme l'économiste agricole Jean-Pierre Landau, "la France a raté une occasion de s'opposer efficacement à des décisions qui affectent son agriculture".

Colli souligne aussi que d'autres États, comme l'Autriche et la Pologne, votent contre, mais cela ne suffira pas à constituer une majorité de blocage. "La situation est complexe, et il semble que la France soit isolée", ajoute-t-elle. Le soutien d'autres nations européennes aurait pu renforcer la position française, mais la dynamique actuelle laisse peu d'espoir de constituer une opposition solide.

Alors que des agriculteurs continuent de manifester leur mécontentement, que l'accord sera soumis prochainement au vote du Parlement européen, la question demeure : le non de la France aura-t-il des répercussions notables sur les futures négociations commerciales ? Seule l’évolution de la situation politique en Europe le dira.

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