Dans un contexte de forte opposition, Emmanuel Macron a confirmé ce jeudi que la France votera contre l'accord de libre-échange du Mercosur lors de la réunion prévue à Bruxelles. Ce retournement fait suite aux vives préoccupations exprimées par les agriculteurs français, qui craignent une concurrence déloyale de la part de certains pays d'Amérique du Sud. Néanmoins, cette décision pourrait n'avoir qu'une portée symbolique, compte tenu du soutien que l'accord reçoit de nombreux États membres de l'Union européenne.
Le Rassemblement national (RN), qui suit ce dossier de près, a rapidement exprimé ses réserves concernant l'efficacité d'un simple vote contre. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, a déclaré sur X : « La France ne peut pas se contenter d'un vote symbolique face à une majorité acquise pour ratifier le traité ». Elle a également exhorté Macron à suspendre la contribution de la France au budget de l'Union européenne si l'accord venait à être signé.
Pour Jordan Bardella, président du RN, la démarche de Macron apparaît comme une manœuvre de communication plutôt qu'un véritable combat pour les intérêts français. « Emmanuel Macron n'a jamais réellement combattu le Mercosur et ses déclarations d'hier relèvent d'une hypocrisie manifeste », a-t-il dénoncé, annonçant ainsi le dépôt imminent de motions de censure à l'Assemblée nationale et au Parlement européen.
Des figures de la droite française, comme Éric Ciotti et Marion Maréchal, apportent également leur voix à ce débat. Ciotti a décrié le manque de puissance diplomatique de Macron, tandis que Maréchal a insisté sur la nécessité de « défendre la souveraineté agricole de la France ». Les tensions autour de cet accord témoignent d'une fracture grandissante au sein du paysage politique français concernant la politique européenne.
La ratification du Mercosur, qui pourrait avoir lieu en 2024, suscite des avis divergents au sein même des États membres. Alors que certains pays, comme l'Autriche et la Hongrie, montrent un certain soutien à la France, la majorité des États de l'Union semblent favorables à son adoption. Cela laisse entrevoir un défi de taille pour la position française sur la scène européenne.
Dans un climat aussi polarisé, les enjeux agricoles se transforment en un véritable champ de bataille politique, où les voix des agriculteurs et des citoyens pourraient redéfinir les contours de l'avenir commercial de la France. Une chose est sûre : l'issue de cette affaire pourrait avoir des répercussions durables sur la relation de la France avec l'Europe.







