Emmanuel Macron a lancé un appel fort à la vigilance face à l'antisémitisme, lors d'une cérémonie marquant la première journée nationale de commémoration de l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus. En évoquant le retour des vieux démons de l’antisémitisme en France, il a rappelé l'importance de s'inspirer des « dreyfusards » qui ont milité pour son innocence, et des « Justes », dont la mémoire sera dorénavant mise à l'honneur.
« Nous savons que les vieux démons de l'antisémitisme n'ont jamais complètement disparu », a déclaré le président Macron, en soulignant l'importance d'une vigilance permanente. Les actes antisémites se sont intensifiés ces dernières années, atteignant un pic inquiétant, avec 1.320 incidents enregistrés en 2025 selon le ministère de l'Intérieur.
Au cours de cet hommage, entouré de personnalités du monde politique et religieux, le chef de l'État a salué l'engagement des « dreyfusards », dont Émile Zola, qui ont pris position contre l'injustice. Il a insisté sur la nécessité d’un état d’esprit dreyfusard, rejetant toute forme de discrimination fondée sur la religion ou l’origine.
Macron a affirmé que le combat contre l’antisémitisme nécessite également une vigilance face aux rumeurs et aux accusations infondées, incitant chacun à privilégier les preuves plutôt que le soupçon collectif. « Ce combat est aussi une méthode », a-t-il affirmé, faisant référence à l'influence des réseaux sociaux dans la diffusion de la haine.
Les « Justes parmi les Nations », ces héros anonymes qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la Shoah, se voient reconnaître un statut plus visible à travers le pays. Le Président a appelé toutes les municipalités à apposer les noms de ces héros sur les lieux de refuge pour les Juifs, afin d'honorer leur mémoire et d'élever le discours anti-haine.
La France compte plus de 4.300 « Justes », selon l’institut Yad Vashem de Jérusalem, témoignage d’un engagement humaniste face à la barbarie nazie. Cette initiative vise aussi à rendre hommage à la mémoire du capitaine Dreyfus, dont une statue a été placée devant la Cour de cassation, symbolisant un retour à la justice.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé que la place dédiée à Maurice Barrès, un adversaire acharné de Dreyfus, portera désormais le nom de Lucie Dreyfus, l'épouse du capitaine. Cette décision vise à envoyer un message clair : la ville ne tolérera pas les discours de haine.
Enfin, pour marquer son parcours de réhabilitation, Alfred Dreyfus a été élevé au rang de général de brigade, une reconnaissance formelle qui conclut un chapitre sombre de l'histoire française.







