Une enquête menée par Radio France met en lumière le comportement du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui a été impliqué à plusieurs reprises dans des démarches en faveur de deux frères ayant un lourd passé judiciaire, notamment pour trafic de drogue. L’élu conteste vigoureusement les interprétations faites de ses interventions.
Selon cette enquête parue le 2 juillet dernier, alors qu'il était encore en plein campagne électorale en décembre 2025, Bagayoko aurait demandé à l’adjoint au commerce de réexaminer le dossier d’Ahmed Doumbia. Âgé de 49 ans, ce dernier a écopé de plusieurs peines de prison, notamment trois ans en 1998 et six ans en 2010 pour trafic de drogue, avant d'ajouter cinq ans supplémentaires en 2017 pour menaces de mort contre des policiers. Il était à la tête d’une boîte de nuit souvent critiquée pour ne pas respecter la législation, ayant reçu plusieurs plaintes pour infractions liées à la vente d’alcool sans licence et à la présence de drogues. Malgré les sollicitations du maire, la mairie n’a finalement pas autorisé la réouverture de cet établissement.
Un soutien à un projet pouvant ouvrir l'accès à 111 000 euros de subventions
L’enquête aborde également le cas d’Adams Doumbia, frère d’Ahmed, qui contrôle officieusement la section football du club omnisports de Saint-Denis. Condamné à plusieurs reprises, Adams a purgé sept ans de prison en 2004, un an en 2009, et a été condamné à neuf ans en 2021 pour des accusations de trafic de drogue. Face à des désaccords internes et des suspicions de malversations, cette section a décidé de se séparer du Saint-Denis Union Sports pour former une nouvelle entité.
En mai 2026, Bally Bagayoko, accompagné de la municipalité, a validé cette séparation, permettant à la nouvelle structure de postuler pour des subventions municipales potentiellement s'élevant à 111 000 euros pour la période 2026-2027, selon Radio France.
Contacté par les journalistes, Bally Bagayoko a refusé de répondre directement et a dénoncé dans un courriel des “rapprochements”, des “interprétations” et des “insinuations” à son égard.







