Le gouvernement français s'engage sur la voie de l'indépendance technologique. Le 16 juin, Sébastien Lecornu a annoncé la décision du renseignement intérieur français (DGSI) de mettre un terme à son partenariat avec Palantir, un leader américain de l'analyse de données dont le cofondateur, Peter Thiel, est proche de Donald Trump. À la place, la DGSI se tourne vers la société française ChapsVision.
« Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique », a souligné Lecornu, exprimant le besoin de « construire une véritable autonomie » afin de ne pas se retrouver à la merci de partenaires capables d'entraver l'accès aux technologies essentielles. Ce choix fait suite à des préoccupations croissantes sur la souveraineté numérique, notamment depuis qu'un rapport du Conseil européen sur la cybersécurité a mis en lumière les risques liés à des partenariats avec des entreprises américaines.
En novembre dernier, Palantir avait pourtant assuré le renouvellement de son contrat avec la DGSI jusqu'en 2028, après avoir déjà été reconduit en 2019 et 2022. Cependant, la DGSI, sous la direction de Laurent Nuñez, cherchait une alternative viabilité depuis 2018.
Les enjeux de l'exploitation des données
Palantir propose plusieurs solutions, dont Foundry et Gotham. Le premier est dédié à la gestion des bases de données, tandis que Gotham cible le secteur de la défense et du renseignement. Ce dernier utilise l'intelligence artificielle pour traiter un volume d'informations hétérogènes telles que des données biométriques, des interactions sur les réseaux sociaux ou des images satellites. Des organismes tels qu'Amnesty International ont dénoncé les pratiques de Palantir, accusant la société d'engager des méthodes illégales, comme la surveillance de masse, compromettant les libertés individuelles.
Récemment, l'administration Trump a demandé à Anthropic, une start-up d'IA, de bannir l'accès à ses technologies les plus avancées pour les ressortissants étrangers, invoquant des raisons de « sécurité nationale ». Cette décision a suscité des critiques et des appels à une « guerre de l'IA » par certains candidats à la présidentielle française, sonnant l'alarme sur la nécessité d'une stratégie indépendante face aux influences américaines.







