L'intrigue suit Issa, un réfugié érythréen abandonné dans la Jungle de Calais, confronté aux défis de l'intégration et à la quête identitaire en France. Passeport, œuvre d'Alexis Michalik, explore des parcours similaires, fréquemment vécus par des réfugiés en France.
Ce spectacle, qui a vu le jour en janvier 2024 et a été joué plus de 700 fois au Théâtre de la Renaissance, avait été programmé pour une représentation à Castres en février 2027, dans le cadre de la saison culturelle de la ville. Le maire, Florian Azéma du Rassemblement National, a justifié l'annulation en affirmant que la pièce "promouvait les clandestins" et offrait un traitement déplaisant des forces de l'ordre, en opposition à ses valeurs. Azéma a déclaré à l'AFP qu'il avait la "liberté totale de revenir sur certains choix" qui avaient été faits par l'ancienne municipalité, affirmant qu'"aucun accord" n'avait été signé avec Michalik.
Alexis Michalik exprime ses doutes quant à l'impact de cette décision, la qualifiant d'acte idéologique. "La brutalité de cette annulation est sans précédent", déclare-t-il, soulignant que la nouvelle a été révélée par des spectateurs surpris lors d'une présentation de saison. Il estime que le jeune maire souhaite éviter un discours positif sur les migrants, une position inquiétante pour la liberté artistique.
Réactions face à cette annonce
"C'est une annonce qui met en lumière une idéologie restrictive," affirme Michalik. En effet, cette situation soulève des questions plus larges sur la liberté d'expression et l'indépendance culturelle dans un cadre politique de plus en plus polarisé.
Les allégations du maire de Castres
Sur les accusations du maire concernant la prétendue "promotion des clandestins", Michalik se veut clair : "Ces commentaires s'inscrivent directement dans la ligne politique du RN, facilitant la stigmatisation des étrangers. Mon engagement reste de créer des œuvres fédératrices, tout en dénonçant une forme de censure qui menace notre démocratie".
Un contexte alarmant pour la culture en France
Cette situation n'est pas isolée. Michalik souligne que d'autres cas, comme ceux de Grasset et Canal+, dévoilent un dangereux clivage idéologique dans la production culturelle. "La menace politique qui pèse sur la culture en France est réelle", confie-t-il, reprenant des inquiétudes partagées par de nombreux créateurs et experts du secteur.
Face à cette situation, il appelle à une mobilisation citoyenne pour défendre l'indépendance culturelle et s'opposer à une forme de censure croissante. La démocratie et la liberté d'expression, déclarent-il, doivent prévaloir afin d'assurer une culture riche et diverse, notamment à l'approche des élections de 2027.







