L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a émis une proposition audacieuse en faveur de la création d'un parquet "spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants" suite à la tragique mort de la collégienne de 11 ans, Lyhanna. Lors d'une intervention sur BFMTV/La Tribune, il a souligné la nécessité d'apporter "davantage de spécialisation" au sein du système judiciaire français.
"Il faut que nous ayons un parquet qui se concentre sur ces violences", a-t-il déclaré, faisant écho à des initiatives similaires mises en place pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé. Selon lui, une telle mesure permettrait d'établir une priorité claire et d’assurer une centralisation essentielle des grands dossiers en matière de justice.
Dominique de Villepin a également proposé la création d'"unités spécialisées" destinées à traiter ces violences, les qualifiant d'"urgence nationale". Il a insisté sur l'importance d'une meilleure formation pour les agents en charge de ces cas sensibles. "Nous devons humaniser notre justice", a-t-il affirmé, avant d'ajouter : "Nous ne pouvons plus conserver cette attitude de suspicion vis-à-vis des témoignages des enfants, et particulièrement des filles dans de telles situations."
Pour alléger le poids des tribunaux, l'ex-ministre chiraquien a suggéré que certaines infractions routières puissent être traitées par des amendes forfaitaires, ce qui permettrait de libérer des ressources pour les dossiers les plus urgents.
La mort de Lyhanna, dont le corps a été retrouvé récemment, a suscité une polémique vive concernant le traitement judiciaire des plaintes pour viols sur mineurs visant le principal suspect. Villepin a dénoncé ce qu'il appelle un "scandale d'État", tout en mettant en garde contre la logique de bouc émissaire en ce qui concerne les échecs du système judiciaire.
"Nous devons reconnaître les multiples défaillances qui existent", a-t-il conclu, en appelant à une introspection collective. Selon lui, chaque acteur du système judiciaire devrait faire son propre examen de conscience.







