Le 7 juin, les Péruviens se dirigent vers les urnes pour élire leur président, marquant un moment décisif dans une période d'instabilité politique. Le scrutin oppose la conservatrice Keiko Fujimori, qui cherche à remporter la présidence pour la quatrième fois, au candidat de gauche, Roberto Sanchez.
Omar Cubas, un résident de Lima, résume la situation en déclarant : « Nous sommes entre le marteau et l’enclume » en évoquant deux candidats aux traits opposés. Les sondages révèlent un affrontement très serré, avec moins de 30 % des voix cumulées pour chacun des deux candidats lors du premier tour, qui a eu lieu le 12 avril.
Keiko Fujimori, 51 ans, est la fille de l'ancien président Alberto Fujimori, dont le régime est souvent confronté à des accusations de corruption. Malgré son héritage controversé, elle se présente comme la candidate du progrès, affirmant que ses partisans l’associent à la stabilisation économique du pays dans les années 1990.
De son côté, Roberto Sanchez, 57 ans, a vu sa popularité grandir dans les régions andines, où de nombreux citoyens se sentent délaissés par l’administration centrale. Cependant, il fait face à des allégations de financement de campagne irrégulier, des accusations qu’il rejette fermement.
Instabilité politique persistante
Quel que soit le gagnant, il entrera dans un environnement politique complexe avec la présence d'une majorité parlementaire incapable de soutenir pleinement l'un ou l'autre des candidats. Analysant la situation, David Sulmont souligne que la légitimité du futur président pourrait être remise en question, exacerbant ainsi l’instabilité qui a vu paraître huit présidents depuis 2016.
Parallèlement, l'insécurité est une préoccupation majeure pour les électeurs. Une étude révèle que près de 70 % des Péruviens considèrent que la lutte contre la criminalité doit être la priorité du prochain président. À Lima, les statistiques font état de 23 homicides pour 100 000 habitants, un chiffre alarmant en comparaison avec les années précédentes.
Alors que Fujimori propose des mesures strictes, notamment le déploiement de l'armée pour soutenir la police, Sanchez privilégie une approche axée sur la réhabilitation des institutions et la réforme judiciaire. Il a récemment promis de gracier l'ancien président Pedro Castillo, emprisonné après sa tentative avortée de dissoudre le Parlement en 2022.
Le climat électoral est également marqué par une forte polarisation. Près de 27 millions de Péruviens sont attendus aux urnes dans un scrutin où le vote est obligatoire. Le futur président débutera son mandat le 28 juillet, avec la lourde tâche de restaurer la confiance des citoyens face à une crise politique qui semble indéfectible.







