La situation a atteint son paroxysme. Ce vendredi 22 mai, une réunion de crise a eu lieu autour de Jean-Luc Gleyze, président du Département, avec des moments d'émotion forte. Alors que les difficultés financières se prolongent depuis plus d’un an, la remise en question du budget par la Chambre régionale des comptes (CRC) constitue une véritable épreuve. Des nouvelles des finances du Département, selon un rapport, indiquent que le budget prévisionnel voté le 13 avril pourrait ne pas suffire.
Ce vendredi, le DGS, Stéphane Corbin, a exprimé son désarroi. "C'était un coup de bambou", a-t-il déclaré. Il a reconnu l'importance de la CRC, tout en insistait sur les efforts fournis par le Département. “Nous sommes à la hauteur des attentes, mais un certain découragement commence à s'installer”, a-t-il ajouté.
Des économies au-delà des attentes
Les chiffres à l'horizon 2026 étaient cruciaux pour le plan de redressement mis en place par le Département l'an dernier. La Chambre a noté des efforts substantiels, et aucun complément d’économies pour cette année n’a été recommandé. "Nous avons réussi à aller au-delà des objectifs”, a confirmé Corbin.
Mais le 8 juin, le vote sur un budget rectifié s’annonce délicat. "Nous parions sur une correction de seulement 11 millions sur 1,8 milliard de budget. Une goutte d'eau dans l'océan", a-t-il souligné. Cela fait suite à un déséquilibre de 107 millions qui, après réévaluations, grimpe à 118 millions, en raison notamment des provisions pour le RSA et des contentieux.
Une situation complexe à gérer
Jean-Luc Gleyze a affirmé que la situation budgétaire correspondait à la feuille de route vers l'équilibre pour 2028. La CRC, quant à elle, prédit un déficit bien supérieur, ce qui soulève des interrogations. Des pratiques antérieures, telles que le report de paiements, ont complexifié le tableau budgétaire. "On a pris l’habitude de décaler des dépenses dans le temps, ce qui a conduit à des écarts significatifs”, a expliqué Corbin.
L’opposition, représentée par Jacques Breillat, n'hésite pas à critiquer le département. Selon lui, la Chambre n'est pas à blâmer lorsqu'elle observe que les anciennes méthodes ont laissé des traces. “Le diagnostic doit être clair. Nous avons besoin de solutions, pas de querelles”, a-t-il souligné.
Le 8 juin marquera une étape cruciale pour le Département de la Gironde, alors que le vote du compte financier vante des résultats controversés. Si la CRC confirmerait un déficit supérieur à 5% des recettes, cela déclencherait une tutelle du préfecture, ajoutant un poids supplémentaire à la pression déjà constante sur les élus.







