Un revote semble inévitable à Gelos, dans les Pyrénées-Atlantiques. En effet, après que le groupe de candidats perdants a déposé un recours suite à l'exclusion de leurs assesseurs de deux bureaux de vote lors des récentes élections municipales, les conséquences de cet incident pourraient être majeures. Les conclusions du rapporteur public semblent soutenir cette demande de réexaminer le scrutin.
Lors des élections du 15 mars, Pascal Mora, à la tête de la liste victorieuse « Ma commune, j’y tiens! », a obtenu 57 % des voix. Toutefois, la candidate malheureuse Amélie de Boyer Montegut, qui a remporté près de 43 % des suffrages, a contesté les résultats immédiatement après.
Selon les révélations de Sud Ouest, une audience se tiendra ce jeudi 21 mai, au tribunal administratif de Pau, pour examiner cette réclamation.
Amélie de Boyer Montegut a exprimé des préoccupations concernant le respect des règles démocratiques, notamment à propos des plannings de permanence durant le scrutin. « Une semaine avant le vote, nous avons reçu un mail détaillant les membres des équipes de chaque bureau. Or, sur certains créneaux, aucun de notre liste n'était prévu », a-t-elle déclaré. Bien que des discussions aient mené à l'intégration de deux de ses assesseurs, cette situation a suscité des doutes sur la régularité du scrutin.
Des désaccords sur la procédure
La candidate a soulevé des questions sur les décisions qui ont conduit à cette situation. "Nous avions alerté la mairie sur ces irrégularités, mais nos requêtes n'ont pas été prises en compte", a-t-elle ajouté, notant que la liste de Pascal Mora a gagné uniquement dans les bureaux où ses assesseurs étaient présents.
Des implications plus larges
Pascal Mora, le maire sortant, a préféré ne pas commenter la situation en attente de l’audience. Selon des experts en droit administratif, cette affaire soulève des enjeux importants, car environ 95 % des recommandations des rapporteurs publics sont suivies par les juges. Un juriste a ainsi observé : "Ces conclusions sont étonnantes au regard de l’écart des voix, indiquant que les arguments présentés sont suffisamment sérieux pour justifier une annulation." Si le tribunal annule les élections, il est probable que Mora utilise tous les recours possibles avant de se soumettre à un nouveau vote, ce qui pourrait compliquer la situation pour l'opposition.
À l'inverse, si les juges ne donnent pas suite à cette contestation, il est presque certain que de Boyer Montegut se tournera vers le Conseil d'État, étant donné les circonstances exceptionnelles de cette situation.







