Le Sénat a voté ce lundi en faveur d'un texte qui vise à transformer la durée d'indemnisation de l'assurance chômage pour les ruptures conventionnelles. Cette réforme, approuvée pour la seconde fois, suscite l'opposition des formations de gauche qui la considèrent comme une atteinte aux droits des chômeurs.
La loi, fruit d'un compromis entre le Medef, la CPME, l'U2P d'un côté, et la CFDT, la CFTC ainsi que FO de l'autre, prévoit une réduction de la durée d'indemnisation pour les salariés de moins de 55 ans, passant de 18 à 15 mois. Les plus de 55 ans, quant à eux, bénéficieraient d'une durée de 20,5 mois.
Ce texte, qui a été rejeté à l'Assemblée nationale en raison d'une mobilisation insuffisante des parlementaires du gouvernement, a cependant reçu un soutien presque unanime au Sénat, où 243 voix ont voté pour et 34 contre, malgré les critiques de l'opposition. Selon Jean-Pierre Farandou, « cette réforme va générer près d’un milliard d’euros d’économies annuelles et faciliter environ 15 000 retours à l'emploi chaque année ».
La gauche s'est divisée, avec certains élus votant contre et d'autres choisissant l'abstention, faisant état d'une réforme qui, selon eux, punit particulièrement les salariés tout en épargnant les entreprises. Raymonde Poncet Monge, écologiste, a exprimé son inquiétude : « Cette loi pénalise les salariés sans imposer de contraintes aux employeurs. »
Le rejet à l'Assemblée a suscité une préocuppation au sein du gouvernement, qui a dû demander une nouvelle lecture pour permettre l'adoption de cette mesure controversée. Le débat se poursuivra le 26 mai, juste après les Questions au gouvernement, où la présence des soutiens est attendue pour assurer une victoire lors du vote.







