L'usage de l'intelligence artificielle (IA) pour prendre des décisions électorales a connu un essor remarquable lors des élections municipales du 15 mars dernier, révélant une préférence marquée pour cet outil parmi les hommes et dans les zones urbaines. C'est ce qu'indique une étude publiée par le think tank Terra Nova.
Selon une enquête conduite par Toluna Harris Interactive auprès de plus de 4 000 électeurs, 16 % des participants ont utilisé une technologie d'IA pour les aider à voter. Parmi ces électeurs, 7 % ont trouvé une confirmation à leurs choix préexistants, tandis que 5 % ont changé d'avis grâce à l'influence de l'IA. De plus, 4 % y ont eu recours pour faire un choix alors qu'ils n'étaient pas encore décidés.
Il est à noter que 11 % des Français ont également consulté un outil d'IA générative pendant la campagne électorale, bien que cette méthode d'information arrive en dernier position par rapport aux sources traditionnelles telles que les tracts (59 %), les professions de foi (57 %), ou les échanges avec des proches (47 %).
Usage plus urbain que rural
L'utilisation de l'IA est davantage observée dans les environnements urbains, atteignant jusqu'à 22 % dans l'agglomération parisienne, contre seulement 7 % en milieu rural. Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique & Opinion de Toluna France, explique que cela pourrait être attribué à une relation plus directe entre élus et citoyens dans les petites communes, ce qui diminue la nécessité d'un intermédiaire comme l'IA.
Bien que le recours à l'IA reste encore marginal, il pourrait jouer un rôle plus significatif lors des prochaines élections présidentielles. Lévy souligne que « l'influence sur 5 % des électeurs peut avoir des répercussions politiques majeures. » Selon lui, la vraie question sera de savoir qui développe ces outils, comment l'information est structurée et quelles mesures de précaution sont mises en place.







