Ce jeudi 30 avril 2026, le conseil municipal de Carcassonne s'est réuni pour voter le budget, marquant un tournant dans la gestion de la ville.
Pour la première fois depuis l'arrivée de la majorité d'extrême droite dirigée par Christophe Barthès, le budget adopté s'articule autour de la nécessité d'un redressement financier, même si cela implique un net ralentissement de l'investissement. D'un montant total de 105,5 millions d'euros, ce budget repose sur la maîtrise des dépenses. "Ne pas dépenser plus que ce que l'on a", a souligné le maire, qui défend une gestion inspirée d'un "bon sens paysan".
Concrètement, cette stratégie inclut un désendettement progressif : environ 5 millions d'euros d'emprunt pour plus de 7,2 millions remboursés. Alexandre Dumont, adjoint aux finances, évoque la nécessité de "sécuriser les comptes" pour réduire la dette, estimée à environ 1 200 euros par habitant.
Cependant, ce budget s'accompagne d'un recul significatif des investissements, qui tombent à moins de 28 millions d'euros, une situation qui limite les possibilités de nouveaux projets. La majorité présente ce budget comme un "budget de transition", justifiant la baisse par des contraintes héritées de l'ancienne équipe.
Un signal pour l'économie locale
L'opposition, de son côté, ne mâche pas ses mots. Alix Soler-Alcaraz, du groupe Carcassonne Unie, fustige un "budget triste et sans ambition", soulignant une baisse d'environ 25 % des investissements, soit près de 8,5 millions d'euros par rapport à l'année précédente. Marie Barthe, de 100 % Carcassonne, renchérit en affirmant : "C'est un signal envoyé à toute l'économie locale. La ville investit moins, elle commande moins, donc entraîne moins".
Les critiques se portent également sur l'absence de crédits pour les écoles et l'accessibilité, ainsi qu'une enveloppe de 160 000 euros jugée dérisoire pour le centre-ville, au regard des enjeux actuels.
Face à ces remarques, la majorité défend sa ligne budgétaire en affirmant que la situation précédente était "non tenable". Dubitatif, Alix Soler-Alcaraz rappelle que la dette actuelle reste inférieure à celle observée il y a quinze ans, pointant ainsi des marges d'action qui auraient pu être exploitées.
Sur le plan politique, des choix se dessinent clairement. Dans le courant de l'année, Christophe Barthès a annoncé l'embauche de quatre policiers municipaux. Cependant, la baisse des crédits pour les spectacles – estimée à 847 000 euros – suscite des interrogations quant à la place de la culture dans cette gestion.
La question de la taxe foncière génère aussi des tensions. Bien que les taux demeurent inchangés, la revalorisation des bases pourrait entraîner une hausse pour les contribuables, ce qui augure mal pour l'engagement de baisse promis lors de la campagne. Alexandre Dumont a cependant assuré que la baisse de 10 % interviendrait, mais pas cette année.
Malgré des votes contre et des abstentions, ce budget définit les orientations du mandat : une gestion "en bon père de famille" selon la majorité, mais qui, selon l'opposition, pourrait rapidement peser sur le dynamisme de Carcassonne.







