Une inquiétude croissante émerge à gauche face à la direction que prend Santé publique France (SPF). Dix parlementaires socialistes, dont l'ancien ministre de la Santé Aurélien Rousseau, ont récemment signé une tribune dans laquelle ils exhortent le gouvernement à abandonner son projet de retirer des prérogatives essentielles à l'agence de santé publique, qu'ils qualifient d'« alarmante reprise en main ».
Le 30 janvier, le ministère de la Santé a annoncé sa volonté de privation de SPF de deux de ses fonctions clés : les campagnes de prévention et la gestion de la réserve sanitaire, des décisions notées dans une tribune publiée sur le blog de Médiapart. Ces changements suscitent des inquiétudes croissantes au sein de la communauté médicale.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, défend ce « transfert » comme moyen d'améliorer l'« efficacité », pourtant, elle ne semble pas convaincre l'ensemble des acteurs concernés. Des associations, des professionnels de la santé publique et 350 acteurs du secteur se sont unis pour exiger que le gouvernement abandonne ce projet. De plus, plusieurs centaines d'employés ont manifesté près de l'Assemblée nationale, le 7 avril, pour faire entendre leur voix.
Ce groupe de députés et sénateurs, y compris le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Boris Vallaud, et l'ancienne ministre Laurence Rossignol, condamnent cette décision prise sans « concertation ni discussion démocratique », soulignant qu'elle repose sur un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales non public. Ils affirment avec force que « l'urgence est au renforcement de l'indépendance scientifique des campagnes de santé publique ». Ainsi, ils appellent le gouvernement à « renoncer à ce projet », souhaitant protéger l'autonomie et l'intégrité des institutions face aux influences politiques et aux lobbies économiques.







