Dans l'esprit du président américain, le conflit avec l'Iran était censé illustrer la suprématie de Washington sur la scène mondiale. Pourtant, comme le souligne l'article de The Economist, cette guerre pourrait plutôt jouer en faveur des intérêts de Pékin, qui observe la situation avec un intérêt accru.

Les expressions des deux leaders mondiaux sur une image symbolique en disent long : alors que Donald Trump semble manifeste frustré, Xi Jinping affiche une sérénité intrigante. Le célèbre adage attribué à Napoléon – “N’interrompez jamais votre adversaire qui est en train de faire une erreur” – résume parfaitement la perception chinoise de ce conflit. L’article évoque la vision de Trump selon laquelle ce combat devait rappeler à la Chine son statut de puissance émergente, soulignant sa vulnérabilité face à l'hégémonie américaine.

“Cependant, après un mois de combats, cette théorie semble de plus en plus erronée.”

Des experts cités par The Economist affirment que Pékin commence à percevoir l'agression américaine comme un atout pour ses propres stratégies. La guerre semble renforcer l'idée du président Xi Jinping de donner la priorité à la sécurité nationale plutôt qu'à la croissance économique. Ainsi, la Chine pourrait rationaliser une baisse de son taux de croissance en se concentrant sur une autonomie accrue en matière de ressources naturelles.

Une opportunité économique pour la Chine ?

De plus, les analystes estiment que la guerre de Trump pourrait générer de nouvelles opportunités économiques pour la Chine. Les nations du Golfe et l'Iran représentent des marchés de reconstruction prometteurs. Alors que certaines économies craignent l'instabilité liée à la fermeture potentielle du détroit d'Ormuz, elles pourraient se tourner vers les technologies vertes chinoises, comme le solaire ou l'éolien, à un moment où la capacité industrielle chinoise est à son apogée. En dépit de l’imprévisibilité américaine, le pragmatisme constant de la Chine apparaît comme un atout stratégique.

Cela dit, tout n'est pas rose pour Pékin. Selon The Economist, un éventuel plan d'invasion de Taïwan pourrait sembler encore moins probable à la lumière de ce conflit, illustrant la nature imprévisible de la guerre. Par ailleurs, une crise mondiale précipitée par ce conflit serait probablement désastreuse pour l'économie chinoise, fondée sur l'exportation. Ainsi, même en tirant profit de la situation, Pékin demeure vulnérable aux fluctuations d'un environnement mondial instable.