PODCAST - Dans un nouvel épisode de "L'Heure du Crime", l'affaire du dépeceur de Mons, une énigme tragique de la Belgique, refait surface. En mars 1997, les corps mutilés de cinq femmes étaient retrouvés dans des sacs près d'une voie ferrée, et depuis trois décennies, le tueur reste introuvable. Alors que le délai de prescription se rapproche, une hypothèse audacieuse émerge à nouveau.
C'était un jour morose de mars 1997 lorsque Olivier Motte, agent de la police équestre de Mons, se retrouvait à cheval le long des voies ferrées. Tout à coup, un chat a attiré son attention, jouant avec un sac. Ce n’était pas un simple jeu ; à sa grande horreur, Olivier découvrit la main d'une victime humaine, révélant une scène macabre. En fouillant, il a trouvé d'autres morceaux de corps humains dans des sacs en plastique, confirmant ainsi le pire.
Les enquêteurs, stupéfaits par cette découverte, ont rapidement constaté que ces restes appartenaient à des femmes disparues. Le procureur Pierre Honoré a déclaré : "Les sacs contiennent uniquement des membres, pas de tête ou de tronc."
À l'Institut Médicolégal de Liège, deux légistes luttent pour reconstituer les corps. Leurs constatations révèlent que ces crimes sont l'œuvre d'un individu habile, presque professionnel dans l'art de la découpe, comme l’a suggéré un médecin légiste, suggérant des compétences similaires à celles des bouchers.
La piste du "Boucher du Bronx"
En 2007, la justice s'est tournée vers Smajo Dzurlic, un Monténégrin suspecté de plusieurs meurtres. Arrêté dans son pays natal, il est également recherché aux États-Unis pour le meurtre de sa compagne, Mary Beal, dont le corps avait été dépecé. Des connexions entre les techniques utilisées dans ses crimes et celles du dépeceur de Mons ont fait frémir les enquêteurs. Cependant, les preuves d'un passage à Mons restent floues, avec aucune trace, laissant penser qu'il était déjà parti au moment des crimes.
Il ne fait pas de doute que l'auteur des faits est un familier du quartier de la gare de Mons
Frédéric Loore, journaliste d’investigation
Frédéric Loore, journaliste d’investigation, souligne que le véritable criminel semble bien connaître Mons et ses environs, ayant pris le temps de se rapprocher de ses victimes.
Un nouveau suspect nommé Daniel
En septembre 2024, la recherche de justice prend un nouveau tournant alors que des avocats demandent de reprendre l’étude de l’affaire. Ils s’appuient sur le travail de Morgan Vanlerberg, chercheur, et Frédéric Laure, journaliste. Ce dernier dit que, selon un rapport du FBI, le tueur aurait eu des motivations sexuelles. Un individu, nommé Daniel, qui trainait dans des bars connus des victimes, a été identifié.
Il n'y a aucun élément factuel, aucune preuve matérielle qui puisse permettre de l'incriminer.
Morgan Vanleurberghe, coauteur du livre Il est moins cinq. Enquête sur le dépeceur de Mons
Des perquisitions chez Daniel ont révélé une cave nettoyée à l’acide, mais sans preuves concrètes. Bien qu'il ait été interrogé, il n'a pas pu être lié aux crimes par des éléments physiques. "Il n’existe aucune preuve tangible, qu'il s'agisse de traces ADN ou d'empreintes," conclut Morgan Vanleurberghe.
Alors que le temps presse, les familles espèrent que des témoignages ou des preuves révélatrices pourront enfin résoudre cette affaire tragique. La quête de vérité continue pour des victimes qui méritent enfin justice.
Les invités de "L'Heure du Crime"
- Frédéric Loore, journaliste d’investigation, collaborateur du magazine Paris Match.
- Morgan Vanlerberghe, coauteur du livre Il est moins cinq. Enquête sur le dépeceur de Mons.







