Mercredi, une manifestation organisée à Dilley, au Texas, pour protester contre l'expulsion de Liam Conejo Ramos, 5 ans, a pris une tournure inattendue lorsque des agents de police de l'immigration ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, rapportent des journalistes de l'AFP.
Environ une centaine de personnes se sont réunies devant le centre de détention pour familles de migrants, où le petit Equatorien, récemment transféré avec son père, a suscité une attention médiatique massive, dépassant les frontières des États-Unis.
Les manifestants, munis de pancartes affichant des messages tels que "L'ICE terrorise et criminalise les enfants" et "Stop à la dérive nazie", exprimaient leur indignation sans recourir à la violence. Cependant, après des avertissements, les forces anti-émeutes ont lancé des gaz lacrymogènes, entraînant l'arrestation de plusieurs individus.
Des participants ont ressenti des irritations oculaires et des problèmes respiratoires, y compris un vidéaste de l'AFP qui a été affecté par les gaz.
"Ici où je vis, c'est la peur qui règne", a confié James Castillo, un étudiant de 18 ans de Houston, qui a poignamment soutenu que même des citoyens américains se retrouvent souvent dans cette dynamique de persécution. "Je demande le départ de Kristi Noem, la ministre de la Sécurité intérieure", a-t-il ajouté.
La photo emblématique de Liam, un enfant effrayé avec son bonnet de lapin et son cartable, a fait le tour du monde. Le représentant démocrate texan Joaquín Castro a visité le centre de détention et rapporté les mots du père de Liam : "Il est déprimé et triste, il dort beaucoup plus", assurant que la famille est en situation régulière et mérite d'être libérée.
"Il n'y a pas de criminels ici", a insisté Castro, dénonçant la rhétorique de « chasse aux criminels » employée par l'administration Trump.
La justice américaine a arrêté l'expulsion de Liam et de son père, créant un peu d'espoir pour leur avenir immédiat. Les manifestants appellent également à la libération d'autres familles prisonnières de cette situation.
Comme l'affirme Silver, un manifestant de 27 ans : "Les actions parlent d'elles-mêmes. Ils ne ciblent pas les véritables criminels". Les témoignages de discrimination à l'encontre des latinos continuent de croître.
Christina Morales, élue démocrate présente lors de la manifestation, a ajouté : "Nous voulons destituer Kristi Noem, et stopper le financement de l'ICE. Leur comportement est inacceptable".
Un climat de tensions s'est intensifié récemment, avec deux manifestants tués par la police à Minneapolis, entraînant des appels à une désescalade de la part de l'administration. La situation au Texas est un rappel poignant de la lutte continue pour les droits des migrants.







