Le président du Costa Rica a récemment décidé de s'inspirer du modèle salvadorien en lançant la construction d'une mégaprison, à l'image du Centre de confinement du terrorisme (Cecot) de Nayib Bukele. Mercredi, lors d'une cérémonie qui a eu lieu dans la capitale San José, Bukele a posé la première pierre de ce projet ambitieux, visant à lutter contre la montée de la criminalité organisée dans la région.
"Ignorer la criminalité, c'est comme laisser croître un cancer. Il est essentiel d'agir maintenant", a déclaré Bukele, un leader qui a gagné en popularité dans plusieurs pays d'Amérique latine grâce à ses mesures strictes contre les gangs. Ce nouvel établissement pénitentiaire, dont le coût est estimé à 35 millions de dollars, est censé accueillir jusqu'à 5 000 des criminels les plus dangereux.
Les critiques du projet évoquent des préoccupations sur le respect des droits humains. D’après des organisations de défense des droits civiques, le Cecot est souvent associé à des abus graves. Le gouvernement costaricien, cependant, considère cette démarche comme une nécessité urgemment requise par la hausse de la violence liée aux gangs et à la drogue dans le pays, qui a connu une augmentation alarmante des homicides ces dernières années.
Laura Fernandez, candidate du parti de droite en tête des sondages pour les élections prochaines, a également fait allusion à ce projet. Elle semble vouloir capitaliser sur la popularité de Bukele pour obtenir un soutien électoral. Dans un contexte où la plupart des pays de la région cherchent des solutions efficaces face à l’insécurité, le Costa Rica se dirige vers une stratégie qui pourrait bien faire des émules.
Dans un rapport, le journal La Nacion souligne que plus de 90 000 arrestations ont été effectuées sous l'administration de Bukele, avec un grand nombre de cas de détentions arbitraires ayant été signalés. Les critiques affirment que de telles mesures pourraient conduire à des violations des droits de l'homme, sans résoudre les causes profondes de la criminalité.
Les experts, comme le sociologue local Mario Zamora, soutiennent que bien que la sécurité soit primordiale, "la construction de prisons seul ne résoudra pas le problème. Il faudrait aussi investir dans l'éducation et des programmes sociaux pour véritablement s'attaquer à la racine du mal". La décision du Costa Rica d'implémenter une structure similaire à celle de Bukele posera donc une question cruciale : peut-on vraiment éradiquer la criminalité par la seule répression ?







