Des allégations graves pèsent sur le cardinal archevêque de Rabat, Cristobal Lopez Romero, qui se retire alors qu’au moins cinq femmes l'accusent de violences sexuelles. Le Vatican a lancé une enquête, suite à des témoignages recueillis.
Selon une enquête de l'AFP, plusieurs signalements ont amené à ces accusations. Une retraitée catholique, engagée au sein de l’Église au Maroc, a évoqué des agressions sexuelles répétées, bien qu'elle n'ait pas encore révélé les détails précis de son témoignage.
Ceux qui se sont manifestés au Vatican ont décrit des gestes inappropriés de la part du cardinal : des accolades prolongées et des tentatives de rapprochement physique. Une des plaignantes a dit avoir échappé de justesse à une tentative d’embrassade.
« Je vais prendre du recul »
Des sources au sein du diocèse confirment que d'autres victimes se sont également manifestées. Dans une déclaration, Lopez Romero a nié toute accusation d'agression ou de harcèlement, tout en appelant au respect du principe de présomption d'innocence. Il a assuré sa coopération totale avec les enquêteurs.
« Pour ne pas entraver l’enquête, je vais me retirer et ne participer à aucune activité pastorale », a-t-il annoncé à ses fidèles. Le Saint-Siège, en revanche, n’a pas encore commenté la situation.
Lors de sa nomination en tant que cardinal en 2019 par le pape François, Lopez Romero était considéré comme un leader éminent, participant activement aux affaires internes de l’Église.
Une série d'affaires troublantes
Actuellement, aucune plainte n’a été officiellement déposée auprès des autorités marocaines. Nadia Debbache, avocate spécialisée, a précisé que les accusations évoquées relèvent d’allégations de harcèlement et d'agressions sexuelles aggravées. Ces évènements rappellent d'autres affaires récentes, telles que celles des cardinaux Theodore McCarrick et Jean-Pierre Ricard, qui ont également été à l’origine de graves scandales au sein de l’Église.
Cristobal Lopez Romero est connu pour son engagement envers le dialogue interreligieux et est membre de plusieurs dicastères au Vatican. Cette affaire jette une ombre supplémentaire sur l'Église catholique, déjà marquée par des décennies de scandales liés aux abus sexuels.
Au cours des dernières années, l'Église a mis en place une politique de tolérance zéro face aux violences sexuelles, mais de nombreux observateurs affirment qu'il subsiste une omerta qui empêche une véritable transparence.







