Un réseau de trafic de stupéfiants et de cigarettes a été démantelé à Mont-de-Marsan en juin 2025. Neuf personnes, âgées de 20 à 57 ans, se retrouvent aujourd'hui devant la justice pour leur implication, ainsi que pour détention d'armes et blanchiment d'argent.
Cet événement s'ouvre sur un univers méconnu, à quelques pas d'une école maternelle de la ville, et c'est ce qu'examine le tribunal depuis le 7 juillet 2026 à l'occasion d'un procès prévu sur deux jours.
Les prévenus, tous Montois, sont âgés de 20 à 57 ans. Parmi eux, plusieurs femmes et hommes sont soupçonnés d'avoir participé à cette organisation criminelle, répondant à des chefs d'accusation allant du trafic de drogue à la vente frauduleuse de cigarettes et au blanchiment d'argent. Actuellement, cinq d'entre eux sont en détention. Une cinquantaine de proches sont présents, dont des enfants, pour apporter leur soutien.
Le tribunal a concentré son attention sur un lieu spécifique : l'arrière de l'église Sainte-Thérèse, identifié comme un point de deal par les forces de l'ordre en 2024. Selon les investigations menées, les policiers surveillaient cet endroit, suspecté de vente de cannabis et de cocaïne, ainsi que de revente frauduleuse de tabac, en multipliant les interventions, y compris par le biais de drones. À la conclusion de cette surveillance, il est apparu que ce point restait ouvert de 10 heures à 23 heures, attirant en moyenne 260 clients par jour.
Profil des suspects et réalités du trafic
Les prévenus présentent des profils variés. Parmi eux, une mère, âgée de 46 ans, témoigne avoir aidé son fils en préparant des pochons de drogue, tandis qu'une autre femme, compagne du chef de réseau surnommé « La Mangeuse de sous », est accusée de blanchir de l'argent en jouant dans des casinos. Un autre membre, surnommé « charbonneurs », vendait la cocaïne à un tarif de 60 euros le gramme, tandis que d'autres servaient de cachettes pour les stupéfiants.
Le principal accusé, un homme de 38 ans, a déclaré lors d'écoutes qu'il ne savait plus quoi faire de son argent abondant. Le chiffre d'affaires estimé par les enquêteurs atteint les 90 000 euros par mois, et des biens comme un coq de combat à 6 000 euros ont été mentionnés. Son frère a réfuté ces affirmations, dénonçant une exagération de sa part et évoquant un trafic de cigarettes à des fins économiques.
Lors de l'opération de démantèlement, plusieurs armes ont été retrouvées, incluant un pistolet mitrailleur et d'autres armes à feu, supposément gardées pour des tiers. L’audience a mis en lumière un contraste frappant entre les témoignages des prévenus, qui tentent de minimiser leurs rôles, et les preuves accumulées par la police.
Des enjeux de responsabilité
Le procès dévoile des éléments troublants sur un réseau qui semble fonctionner comme une « agora du trafic », et qui est perçu par ses membres comme un simple moyen d'arrondir leurs fins de mois. Les débats ont révélé un climat d’amnésie et de contestation où il semble difficile pour les prévenus d'admettre leur implication.
Dans la salle, les tensions sont palpables, et la juge rappelle à l’ordre les échanges informels. Ce retour à la réalité est nécessaire, surtout pour ceux qui risquent de lourdes peines d'emprisonnement. Les plaidoiries débutent sous un climat tendu, alors que l'affaire continue de susciter l'intérêt dans la ville de Mont-de-Marsan.







