Dimanche dernier, la vigilance rouge a été levée sur l'ensemble du territoire français, mais le premier bilan de la surmortalité causée par la canicule alerte sur 1.000 décès. Ce chiffre pourrait encore augmenter, alimentant ainsi les critiques vis-à-vis du gouvernement.
Après onze jours de canicule historique, une partie de la France a finalement retrouvé des températures plus supportables. Si la vigilance rouge a été levée, les hôpitaux et les services d'urgence demeurent fortement sollicités. Santé publique France a rapporté, entre mercredi et vendredi, « environ 1.000 décès supplémentaires » avec une augmentation de 40 % des décès à domicile. Ce bilan initial, bien qu'alarmant, est probablement susceptible d'évoluer.
Cependant, comparé à la canicule de 2003, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a déclaré sur BFMTV que « on ne sera probablement pas dans la même situation d'un point de vue sanitaire » et anticipe « probablement pas la même surmortalité ». Depuis le 18 juin, les interventions pour secours à la personne ont crû de 20 % par rapport à l'année précédente, totalisant « 122.000 interventions cumulées », comme l'a rapporté le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, affirmant que le gouvernement « avait bien anticipé ».
La gestion du gouvernement pointée du doigt
Malgré cela, l'action du gouvernement est largement décrite comme insuffisante face à la crise. « Il faudra faire toute la lumière sur le bilan humain très lourd qui s’annonce pour déterminer les responsabilités politiques », a déclaré Marine Tondelier, la cheffe des Écologistes, sur X. « Certains devront en tirer les conséquences. » La députée insoumise, Clémence Guetté, a qualifié la gestion de la canicule de « catastrophe », mettant en cause l’impréparation de l’exécutif. Le député RN, Laurent Jacobelli, a critiqué l’« incompétence » des ministères, blâmant la décision de ne pas climatiser les bâtiments publics pour les décès survenus.
Dans leurs interventions, les responsables politiques ont appelé à divers plans d'action, notamment un « plan volets » par les Écologistes et un « plan baignade » proposé par Édouard Philippe. Quant au Rassemblement national, un « plan climatisation » a été préconisé. Toutefois, l’ex-première ministre Élisabeth Borne a critiqué la « posture » de ceux qui, « à longueur d’années, se désintéressent du sujet » et surgissent avec des solutions.
Borne, initiatrice du Fonds vert pour le financement de projets d’adaptation au changement climatique, a ajouté : « Après mon départ de Matignon, je ne suis pas sûre que la planification écologique ait été portée avec la même énergie », a-t-elle martelé sur France 3.
Promesses non tenues
Édouard Philippe a suggéré que le Fonds vert soit « doublé et recentré sur l’adaptation et la climatisation des lieux publics », affirmant que « l’adaptation au réchauffement sera l’une de ses priorités ». Quant à Marine Tondelier, elle a dénoncé la réduction du budget, passé de 2,4 milliards d’euros en 2024 à 837 millions en 2026, comme « une ineptie », pointant la lâcheté de l’État face aux lobbies climaticides. Elle a également interpellé Emmanuel Macron sur ses « promesses grandiloquentes », notamment concernant la rénovation thermique de 40.000 écoles, en insistant sur la nécessité de connaître les moyens réellement mis en œuvre.







