Ce dimanche 31 mai, la Marine nationale française a arraisonné un pétrolier russe au large de Brest, un acte qui renforce les tensions internationales. Ce navire, soupçonné d'appartenir à la notoire "flotte fantôme", est le quatrième pétrolier de ce type intercepté par les autorités françaises cette année.
Le navire, connu sous le nom de Tagor, a été contrôlé après que son capitaine ait ignoré les injonctions de la Marine nationale. Les employés des forces marines ont rapidement pris le contrôle du bateau, qui était en pleine mer Atlantique. Une inspection minutieuse a révélé que le Tagor arborait probablement un faux pavillon camerounais. "Après la montée à bord des équipes d'inspection, les documents ont confirmé les soupçons concernant la légitimité du pavillon", a rapporté la préfecture maritime de l'Atlantique.
Le pétrolier, qui opérait à plus de 700 km de Brest, avait quitté la ville portuaire de Mourmansk, en Russie. Déjà soumis à des sanctions internationales imposées par les États-Unis, l'Union Européenne et le Royaume-Uni, le Tagor est soupçonné de transporter illégalement du pétrole russe ou iranien, contournant ainsi les restrictions.
Le quatrième bateau soupçonné d’appartenir à la "flotte fantôme" intercepté cette année
Localisé pour la dernière fois le 26 mai, au large des côtes norvégiennes, le navire a brusquement cessé d'émettre, disparaissant ainsi des radars. En outre, le changement fréquent de nom du Tagor est un indicateur caractéristique des navires de la "flotte fantôme". L'expert Paul Tourret, directeur de l'Institut supérieur de l'économie maritime, souligne: "Il y a une véritable guérilla juridique menée par les Occidentaux contre les intérêts économiques russes. Les navires essaient de dissimuler leurs exportations pétrolières, qui ne sont pas totalement interdites."
Une opération dénoncée par la Russie
Le Kremlin n'a pas tardé à condamner l'arrestation du Tagor, le qualifiant d'"illégitime" et le rapprochant d'actes de "piraterie internationale". Cette interception s'ajoute à une liste croissante de navires russes, le commandant d'un précédent navire intercepté ayant été condamné à un an de prison et une amende de 150 000 euros pour des faits similaires en mars dernier. Actuellement escorté par la Marine nationale, le Tagor est attendu pour rejoindre la baie de Douarnenez dans la matinée du mardi 2 juin.







