Donald Trump a récemment prié plusieurs pays musulmans, en particulier l’Arabie saoudite et le Qatar, de normaliser leurs relations avec Israël, dans un cadre proposé d'accords avec l'Iran. Cependant, cette perspective semble extrêmement lointaine selon de nombreux analystes.
Les accords d'Abraham, initialement signés en 2020 sous l'administration Trump, avaient pour but de renforcer les relations diplomatiques entre Israël et trois nations arabes : les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc. Malgré des appels à une extension de ces accords, seuls des pays comme le Kazakhstan ont franchi le pas en maintenant des liaisons officielles avec Israël.
Les enjeux de la normalisation
Dans un message sur Truth Social, Trump a déclaré que la normalisation devrait commencer avec l'Arabie saoudite et le Qatar, tout en s'alignant sur l'idée que d'autres pays devraient rapidement suivre. Pourtant, la question se pose : pourquoi ces États choisiraient-ils de s’engager dans un processus aussi controversé dans le climat géopolitique actuel ?
Un contexte hostile
La guerre actuelle à Gaza, qui a déjà causé plus de 72 000 pertes humaines parmi les Palestiniens, accentue le rejet d'Israël dans le monde arabe. Selon H. A. Hellyer, analyste au Royal United Services Institute, "le coût politique d'une normalisation en ce moment serait insupportable pour la plupart de ces États". De même, Yossi Mekelberg de Chatham House souligne que les continues hostilités et annexions par Israël compliquent davantage cette dynamique, et questionne les motivations des pays potentiellement intéressés.
De plus, l’Arabie saoudite, qui avait envisagé une normalisation, a depuis réaffirmé que toute reconnaissance d’Israël est conditionnée par la création d’un État palestinien, une position déjà contestée par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Une annonce chargée d'ambiguïté
Certains analystes estiment que Trump pourrait faire ces annonces pour calmer les tensions avec Israël tout en espérant un accord de paix avec l’Iran. Abdulla Banndar Al-Etaibi, professeur à l'université du Qatar, observe que cela représente une tentative américaine de prouver que l'escalade actuelle a finalement conduit à des bénéfices politiques.
Il est indéniable que le désengagement des puissances arabes est renforcé par l'intensification des conflits et l'extrême méfiance envers Israël. D'ici là, la normalisation des relations entre Israël et les pays musulmans, telle que souhaitée par Trump, reste une utopie à la lumière des révoltes latentes dans la région.







